« Ce qui n’est pas »

Source: http://non-mondaine.org « Ce qui n’est pas »
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réflexion d’aprés « That Which is Not: Philosophy as entwinement of Truth and Negativity » Ray Brassier American University of Beirut

Vérité et force
La Vérité est mondaine, elle nécessite pour s’exprimer un monde (décisions) et des Valeurs sur ce monde. Mais le concept de force n’échappe pas non plus à la mondanité, même si cette fois, il en existe une forme radicalement réelle.

La force, comme rapport de deux identités, est à la fois, le rapport de deux identités identifiées, et le rapport générique qu’est leur mise en rapport en Réel, dans la pratique.
Le rapport de la Vérité à l’Etre du Monde (dont l’on peut créditer Parménide) est un rapport de force, la force d’un rapport. Il exprime un pouvoir mondain : le dire le vrai sur l’Etre du Monde. Mais n’est pas pour autant un dire Réel.

Etre et pensée sont le même – même s’il s’agit ici d’une traduction inadéquate, une meilleure traduction étant « être et pensée ont un même ‘est’ » (dans un contexte plus moderne, nous dirions « en dernière instance ») – n’implique pas l’identité de la Vérité et du Monde. La Vérité est en rapport au Monde. Elle n’est pas le Monde en identité.

La contradiction platonicienne qui donne un « être » à ce qui n’est pas, se résout si l’on considère, que l’est du « n’est pas » n’est pas le même « est » que l’ »est » du « est ».

La négation ne peut être déterminée qu’en Monde. Elle nécessite un Monde déterminé où l’opposition de deux êtres est pré-définie.
Nous sommes tellement habitués à la côtoyer que nous la pensons intrinsèque au Réel, mais il suffit de changer de culture pour voir de nouvelles négations « naturelles » apparaître.

Si nous définissons l’Etre comme « ce qui a des conséquences », l’être du non-être est l’Être de ce qui, absent, fantasme ou illusion, a des conséquences. Ce qui n’a absolument aucune conséquence n’est pas (avec la difficulté philosophique que n’avoir aucune conséquence (hors de l’absoluité) est en soit une conséquence.)

L’apparence, l’illusion, ne définie pas une absence d’être, mais au contraire une profusion. Un trop d’identité en cette fois ci. L’identité est une-fois-chaques-fois et par conséquent mouvante, elle est donnée par une pratique en Monde à chaque fois qu’elle est nécessaire mais unitairement. L’illusion, quand à elle, définie à chaque identification une multitude.

En ceci nous nous distinguerions du sophiste qui nie également la négation du « est ». Mais qui la nie comme n’étant pas alors que nous la revendiquerions comme étant autre. Car la négation n’est que Mondaine.

La pensée du non-être est une des nombreuses hallucinations mondaines, qui bien ne pouvant être en identité (Réel), peut être pratiquée en Monde.

Mais cette pratique ne dit rien du statut de vérité de cette identité. Une hallucination comme une illusion peut parfaitement participer à une proposition vrai. Ainsi dire « je vois un chameau flotter dans l’air » peut être une proposition vrai. Et dire « j’ai halluciné un éléphant rose » aussi.

Ce qui donne le statut de vérité á une proposition est son rapport á un Monde donné. Dans un autre Monde, ou dans un autre rapport, la proposition ne serait plus vraie.

Il n’y a plus de copie ou d’original, mais des rapports. Dans un texte – référence de la philosophie-, il n’y a que des rapports textuels !

Mais alors, si « être » et « non-être » se définissent tous deux d’après leur capacité à avoir des conséquences, qu’est ce qui les différencient entre eux ?

Ces conséquences elle-mêmes !
Ce qui différencie A de non-A, est qu’il existe une conséquence de A qui est définie en ce Monde comme la négation d’une conséquence de non-A. Car ce qui défini la négation est ce qui sépare l’Etre du non-être, et non pas la « nature » de l’Etre. (contrairement à ce qui pourrait être pour la matière et l’anti- matière par exemple). Le non-être n’est pas l’anti-Etre que leur rencontre annihilerais).

Cette négation de deux conséquences doit être déterminée au préalable (par exemple le blanc est la négation du noir). On voit bien que cette détermination est arbitraire (et culturelle). Cela participe au jeu de langage en cours de pratique, mais comme celui-ci est dynamique (ce que Turing nommerais une machine-oracle), de nouvelles négations peuvent toujours être déterminées, tant qu’elles le sont préalablement á leur pratique).

Toute détermination d’une négation est une croyance, puisque Mondaine. Ce qui signifie seulement que l’on peut en définir d’autres (dans un autre Monde). Parler de « croyances fausses » nécessite de se positionner dans un de ces Autres Mondes. Mais elles ne sont alors fausses que relativement á cet Autre Monde.

Le Réel, immanence radicale, nous assure que la détermination d’un Monde Ultime – où la Vérité serait définitivement Vraie – n’est pas possible. Le Monde est décision, mais le Réel n’est ni Vrai ni Faux. Il est (seulement) Réel.

Le Monde est halluciné, et pourtant il fait mal. Car son identité de dernière instance est Réelle. Le Réel est résistance. Il est ce qui permet au rapport d’entrer en pratique.

Alors, l’Etre est-il mobile ou immobile ?
La question- pour peu qu’elle est un sens -ne peut être résolue. Comme identité mondaine, l’Etre apparaît immobile, mais comme rapport en Réel, il est incessamment changeant. L’Etre est un mobile immobilisé.

La Science, comme accumulation de savoir, est bien mal placée pour connaitre de l’Etre. elle n’accède qu’à sa part mondaine. La technique, avec son aspect dynamique, lui permet d’apercevoir un au- delà. mais sans véritablement y accéder.

La différence entre un conte de Noël et un fait scientifique, ne peut plus dépendre de son rapport au Réel : tous les deux y ont accès ; mais à la trajectoire qu’il faut suivre pour y parvenir.
« Un homme a marché sur la lune » était un conte il y a seulement 50 ans.
Ce qui a changé ?
c’est « qu’un homme a marché sur la lune » !
Cela signifie que sur cette trajectoire, la valeur Vrai à été affectée à cette proposition en utilisant les critères du moment.
Si cette trajectoire se voyait modifiée, par exemple par l’oubli ou la contradiction, cette affirmation redeviendrait un conte. Le fait qu’une trace de pas y soit resté n’en modifierais pas l’Etre ou la Vérité. (Sauf à faire de nouveau parti d’une nouvelle trajectoire).

Alors un loup-garou est équivalent au boson de Higgs ?
Non, car ils ne participent pas à la même trajectoire, mais oui quand à leur rapport au Réel ! Au sein du Monde que nous pratiquons, ils se distinguent, mais en dernière identité, ils sont tous deux hallucinés. (non pas parce qu’ils seraient, en quelque sorte, faux, mais parce que le Réel sera toujours Autre.)

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Source: http://non-mondaine.org « Ce qui n’est pas »

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