Exercice spirituel et pensée non-philosophique

 

« Ne faites pas comme les philosophes, inventez la philosophie ! Changez sa pratique !
Traitez-la expérimentalement comme un matériau quelconque ! S’il faut un programme, le voilà… 
»[1] 

Introduction

Le parcours que nous proposons tout au long de ce travail s’étiole sur plusieurs siècles, différentes écoles, plusieurs façons d’aborder cette notion « d’exercices spirituels ». Notre précédente partie s’arrête sur un philosophe contemporain dans le but d’essayer de montrer quelle peut être la réception plus récente des exercices spirituels et en jauger la forme prise. Pour continuer à approfondir notre réflexion dans la philosophie contemporaine nous proposons de nous arrêter en dernière partie sur la non-philosophie.

Pour qui, de près ou de loin, a entendu parler de cette non-philosophie, il peut sembler singulier voire étrange que de la faire apparaître dans un travail sur les exercices spirituels. En effet, « qu’est-ce que l’homme ? » « Qu’est-ce que le réel ? » voilà les problèmes auxquels la non-philosophie s’atèle en les repensant autrement que par la philosophie. En quoi les exercices spirituels sont-ils concernés par la non-philosophie ou comment peuvent-ils l’être ?

Deux grands éléments nous ont incités à regarder de plus près cette discipline. Le premier est de considérer la non-philosophie comme un exercice spirituel, il semble en effet que celle-ci présente certaines caractéristiques qui nous font la rapprocher de ce que nous avons défini comme un exercice spirituel. Le second est une tentative de travailler la notion d’exercice spirituel à travers la non-philosophie. En effet, il semble que celle-ci peut nous aider à résoudre différents problèmes qui ont été soulevés tout au long de notre travail : sa réappropriation par différents courants (religieux, philosophiques…), sa polysémie, ses digressions… Ce second moment sera l’occasion d’élaborer les prémisses d’un concept, une hypothèse qui puisse palier aux difficultés rencontrées.

  1. La non-philosophie comme exercice spirituel

Plusieurs axes peuvent déterminer la non-philosophie comme un exercice spirituel que ce soit sur le fond comme sur la forme.

La non-philosophie est un système dont le but est de transformer et de produire de nouveaux textes et objets philosophiques en modifiant les hypothèses de base du travail philosophique. Comme le précise Laruelle c’est faire « fonctionner autrement que philosophiquement la pensée »[2]. Cette pensée non-philosophique a pour conséquence très directe de produire des concepts, toutefois ceux-ci sont différents des concepts philosophiques car ils « valent pour la philosophie en tant que telle [car ils sont] l’expression d’une libre théorie, non-philosophique de la philosophie » comme l’explique Hugues Choplin[3].

L’approche critique de la non-philosophie envers la philosophie et son aspect peu académique dans la pratique a eu pour conséquence d’attirer des inimitiés et de déranger ceux qui considèrent la philosophie comme un contenu ou une discipline traitant de certains thèmes.

Laruelle en effet « reproche » à la philosophie d’apparaître comme une discipline répétitive et monotone, prévisible et suffisante qui ne s’occupe de nouveaux thèmes que pour les penser de façon identique depuis sa « création », ainsi dans Philosophie et non-philosophie il affirme que « les philosophes se contentent nécessairement de faire fonctionner une machine qu’ils ont trouvée toute montée »[4].

Par ailleurs selon lui la philosophie a un travers majeur qui est sa prétention au réel, le connaître, le décrire et réfléchir à son propos. Or la philosophie n’aurait pour la non-philosophie jamais connue ce réel ni l’homme[5]. Cela n’empêche pas que la philosophie fasse sans cesse ce retour au réel et par conséquent se méprenne en ne faisant qu’un simple retour sur elle-même.

La non-philosophie cherche à couper le cercle de penser de la philosophie,  pour y inclure un autre mécanisme de penser, c’est cet autre mécanisme de penser qui peut être abordé comme un exercice spirituel. Le projet de la non-philosophie est la volonté de « procéder à une ouverture (…) du penser et à l’instauration d’une logique inédite, irréductible au philosopher »[6].

Par ailleurs il est important de noter que Laruelle a fondé la non-philosophie par manque de penser l’individu ; que la philosophie ne pensait l’individu que dans un rapport, qui peut être l’Etre, la Nature, la Religion… Un des objectifs de la non-philosophie est ainsi de penser cet individu « directement à partir de lui-même »[7] en insérant la pensée de l’individu « dans une pensée de l’Un plutôt que de l’Etre »[8] ; un des corollaires de cette proposition est que « l’Un c’est évidemment l’individu »[9].

Cette précision est fondamentale pour notre propos car nous notons la volonté d’accès de la pensée de l’individu par lui-même. On note une immanence radicale pour l’individu lui-même dans sa façon de se penser, d’être pensé sans qu’il soit rattaché à un universel ou une transcendance (Etre, Nature, Religion…). Le fondateur de la non-philosophie note que la philosophie a une sorte de prétention sur l’homme qu’elle a voulu dépasser, légiférer « ouvrir en quelque sorte l’humain au non-humain »[10] alors que Laruelle, lui prône une essence de l’homme, une thèse où celui-ci n’est pas mélangé avec l’histoire ou le monde…

L’exercice spirituel que semble proposer la non-philosophie est de chercher en permanence à « dépasser » la philosophie mais sans philosopher pour ne pas être pris dans un cercle vicieux qui chercherait à sortir de la philosophie en philosophant.

Pour se faire il est donc proposé de ne pas « philosopher » et même d’extraire la philosophie de sa fonction de pensée première pour y placer dès lors un terme non-philosophique à la place : l’Un.

Cet Un – sol de la non-philosophie – a pour singularité de placer une forme nécessaire d’immanence, une immanence radicale, indéconstructible. Cet Un est le Réel – mais en tant que forclos à toute symbolisation – (pensée, savoir, etc.)[11] . Ce Réel est donc une instance définie par son immanence radicale sous toutes les conditions de pensée. Ainsi le Réel n’est pas susceptible d’être connu ou pensé[12] ce qui contrarie bon nombre de philosophes qui se veulent par définition être en capacité de « penser le réel »

1) L’Un et le Réel comme outils d’exercices spirituels non-philosophique

Nous l’avons vu, l’Un est le sol de la non-philosophie, il est celui qui est premier – avant la philosophie – à toute pensée. Celui-ci radicalement autonome et donné-sans-donation ne pose par conséquent aucun « problème » ; cependant prendre pour principe cette primauté de l’Un n’est pas sans poser de questions. Si celui-ci vient avant la philosophie, même s’il n’est pas instauré car déjà-là, comment faire en sorte qu’il soit bien à cette place dans la pensée même si c’est sa place « naturelle » ?  Et pour se faire, peut-on au moins penser cet Un, peut-on démontrer ce qui le caractérise, que ce soit sa primauté, son immanence et/ou son autonomie radicale ? C’est toute l’argumentation non-philosophique, à travers des textes, qui répond à ces questions et qui garde cependant à l’esprit de montrer notamment que « l’Un est trop autonome pour pouvoir être prouvé par autre chose que lui-même »[13].

La notion de Réel aussi dans la non-philosophie nous semble prendre la forme d’un exercice spirituel. Penser en effet ce n’est plus penser le Réel comme nous l’avons dit – ce qui est une attitude philosophique – mais la proposition ici est de penser selon le Réel. Cette direction comme nous venons de le dire s’oppose brutalement à la philosophie : « La philosophie est la thèse générale qu’au Réel correspond une et une seule pensée. La non-philosophie suspend la validité de ce postulat limitatif (…) »[14].

Comme le précise Choplin « Penser en non-philosophie c’est en effet se fier en quelque sorte au Réel-Un, c’est accepter de penser en fonction des exigences d’un terme qui ne soit pas lui-même problématisable (…) c’est se décrisper du Réel, le laisser être, l’admettre tel qu’il est dans sa constitution, donné-sans-donation, immanent-sans-transcendance ».[15]

Que ce soit l’Un comme le Réel, ces deux termes fondamentaux de la non-philosophie nous montrent en quoi cette dernière peut sembler avoir une approche similaire à celle des exercices spirituels. En effet ceux-ci sont positionnés dans la non-philosophie, sont qualifiés d’une certaine façon, dans une certaine forme, dans une certaine pensée et ils ne peuvent plus en déroger. Pour l’un et l’autre, ils sont qualifiés d’immanents radicaux, il est impossible de les voir autrement pour quiconque voudrait y voir une autre dimension, une autre signification.

Ainsi par exemple Laruelle, à propos de la constitution de la non-philosophie précise qu’elle « se réalise en toute rigueur, de manière précise, comme pensée en-Un »[16].

Par ailleurs le contenu de cette pensée aussi nous semble relever de l’exercice spirituel lorsqu’il est demandé par exemple de « laisser être le Réel » ou encore que « l’Un est pensé comme impensable »…

La pensée de la non-philosophie est instaurée et immuable sur certains dogmes, sur certaines notions, sur certains termes qu’il n’est possible d’utiliser que d’une certaine manière et dans un certain sens.

Cependant notons que si le sens et la manière nous poussent à songer que la non-philosophie peut être un exercice spirituel il faut toutefois noter une certaine difficulté à l’accessibilité de cet exercice liée à la difficulté des termes, des textes. Leurs significations en effet ne sont pas évidentes spontanément.

2) Une ascèse de la lecture

Les difficultés pour accéder aux textes, à leurs compréhensions sont liées à plusieurs facteurs qui tranchent à la fois avec les habitudes du sens commun et de la philosophie. La non-mondanité et l’abstraction de la non-philosophie se refusent à la fois au temps et à l’espace. Par ailleurs, la construction et l’utilisation abondante de termes propres à la non-philosophie contribuent à l’aspect obscur de la discipline.

Le vocabulaire de la non-philosophie est proprement philosophique mais pas seulement, chaque terme est retravaillé « non-philosophiquement ». Par ailleurs le non-philosophe, comme le précise Juan Blanco Diego instrumentalise le vocabulaire philosophique et peut aller jusqu’à créer des malentendus en l’utilisant parfois à contre-emploi. Par exemple « Un » qui dit « individu » et « multiplicité ».

Cette difficulté peut se rencontrer dès l’abord de la non-philosophie. Le (non-) de non-philosophie peut intriguer et porter même à croire à une à négation de la philosophie, à un rejet or ce n’est pas une négation mais un suspens invalidant des prétentions. « La non-philosophie n’est pas une « philosophie du non » et encore moins une tentative de destruction nihiliste ou de négation positiviste de la philosophie. Un tel projet serait de toute façon absurde et impossible, mais c’est surtout une entreprise positive que nous proposons »[17].

Ce (non-) est abondamment utilisé dans l’ensemble des écrits non-philosophiques : non-esthétique, non-psychanalyse, non-Un, non-épistémologie… Cependant d’autres termes tout aussi difficiles émergent sans ce préfixe : Vision-en-un, Un-en-Un, Pensée-monde, Donnée-sans-donation, Uni-latéralité, Réel, Transcendantal…

La difficulté sémantique de la non-philosophie a été à l’origine du Dictionnaire de la non-philosophie[18], l’avertissement en introduction de ce dictionnaire précise que celui-ci existe du à « l’apparence objective d’une pensée de type philosophique ; méthodique et disciplinaire, avec une volonté plus théorique que systématique d’extension de ses modes d’argumentation et de son vocabulaire à l’ensemble des savoirs fondamentaux ».

L’utilisation de ces différents termes n’a donc pas pour objectif d’exposer le penser non-philosophique à travers un langage. Ils sont là pour aider à conduire un penser non-langagier vers le langage. En effet, la non-philosophie, nous l’avons vu serait là, en premier dans la pensée à travers l’Un mais elle est donc de fait forcément sans-langage, les termes non-philosophiques viennent combler ce sans-langage[19].

Nous noterons que c’est dans la volonté de penser l’individu qu’il a fallu notamment forger ce vocabulaire. Ainsi par exemple le terme « individual » qui n’existe pas dans la langue, signifie que l’individu « n’est que ce qu’il est qu’en tant qu’il jouit non-décisionnellement (de) lui-même »[20] ce qui n’est pas la même chose que le terme « individuel » auquel il aurait pu être rapproché mais ne signifiant pas la même chose.

Il semble peu faire de doute que se confronter à la non-philosophie à ses textes, ses exposés est de l’ordre d’une véritable ascèse. Les difficultés de l’écriture non-philosophique pour le sens commun nécessite discipline, rigueur voire douleur pour un minimum de compréhension. François Laruelle semble aller plus loin que cette ascèse, pour lui « elle est plus qu’une ascèse, [car] elle est si l’on peut dire – l’ « esprit d’ascèse » qui se meut dans le déjà-réduit avant toute réduction »[21]

3) La pratique de la non-philosophie

La pratique de la non-philosophie relève nécessairement d’une méthode en plus du respect des principes et d’utilisation de termes spécifiques. La méthode[22] de pratique de la non-philosophie requiert deux étapes. En premier lieu de préparer le matériau philosophique, c’est une étape qui relève encore de la philosophie. Puis dans une seconde étape, la consommation de ce matériau au sein de la non-philosophie. La pratique peut être résumée à la possibilité de « reprendre, dans une nouvelle fonction, tous les termes et énoncés de n’importe quelle philosophie et de les traiter de sorte que soit suspendue leur abstraction métaphysique »[23]. Cette pratique en deux temps possède bien évidemment des caractéristiques bien spécifiques. Ainsi la première est l’occasion d’identifier le matériau (son épaisseur, son langage, ses concepts, ses problématiques…) et d’en évaluer les mixtes. C’est au non-philosophe de choisir ce matériau en privilégiant soit un concept, un problème… Il devra travailler à le rendre précis, détaillé, pour que l’élaboration des concepts non-philosophiques qui viendront soient d’autant plus riches. Pour se faire Laruelle n’hésite pas à insister sur le fait de mettre en perspective le matériau et le combiner avec des apports autres que philosophiques (science, arts…) mais aussi toutes les philosophies qu’elles quelles soient. Chaque philosophie est pour le non-philosophe un cas d’application potentielle du penser non-philosophique.

Lors de la seconde étape, le non-philosophe exploitera donc le matériau découvert, « le ré-écrire, le reformuler en fonction de cinq ou six règles précises (…) destinées (…) à produire des énoncés qui ne sont recevables par aucun système philosophique »[24].

La philosophie semble alors changer de paradigme, elle ne se mélange plus avec le penser, désormais elle apparaît dans une forme non-mixte qui va désigner le point de rencontre du penser et de la philosophie, le point d’application de la philosophie sur le matériau.

Ce travail du non-philosophe s’élabore nécessairement à travers le langage philosophique, aucun autre langage ne peut y être substitué, toutefois, la pensée étant retravaillée, celui-ci l’est à son tour également ainsi que nous l’avons vu plus haut.

Cette deuxième étape est véritablement le moment de consommation de la philosophie qui a nécessité une préparation rigoureuse, ainsi que l’explique la métaphore de Hughes Choplin « le non-philosophe consomme la philosophie comme un grand cuisinier consomme le repas qu’il a minutieusement et respectueusement élaboré »[25].

Ces deux étapes nécessitent une rigueur forte, à la fois dans la préparation où le matériau philosophique est analysé avec profondeur. Mais aussi dans la seconde étape où la consommation du matériau repose sur le penser non-philosophique, ces thématiques, son vocabulaire mais surtout ses principes (un penser uni-latéral…).

Notons que la pratique de la non-philosophie s’articule sur trois paramètres : liberté, rigueur et généralité[26]. Il est marquant que ces trois termes soient reliés et qualifient un même objet, une même discipline. En effet, on peut retrouver à la fois de l’oxymore et de l’euphémisme. En effet comment associer rigueur et liberté sans y trouver un soupçon de contraire dans les termes ? Comment associer liberté et généralité sans y trouver une pointe de synonymie ? Comment enfin associer rigueur et généralité sans également voire poindre le début d’un oxymore ?  C’est dans ces confrontations, ces contradictions que s’élabore probablement la non-philosophie ; c’est à travers ces orientations déroutantes que peut commencer à s’instaurer un travail de non-philosophie.

4) La non-philosophie est-elle donc un exercice spirituel ?

Où se situe dans la non-philosophie le travail sur soi présent dans toutes les philosophies que nous avons abordées ? Est-ce que la difficulté d’accéder à des textes forge un travail sur soi ? Cela semble être une conclusion rapide et par ailleurs de nombreux textes philosophiques peuvent tout autant être difficilement abordables par le sens commun que ce soit chez Kant, Heidegger ou même certains écrits de Platon.

Par ailleurs se conformer à certains dogmes, certains principes comme nous l’avons vu notamment sur l’Un et le Réel ne peut pas non plus avoir pour conséquence de considérer cette discipline comme un exercice spirituel, chacun des philosophes élaborant un concept développera un vocabulaire adapté ou en tous les cas une signification spécifique à un vocabulaire même éventuellement existant.

Enfin la rigueur de la pratique que nous avons abordée succinctement est certes fondamentale mais dans quelle philosophie ne l’est-elle pas également ?

La lecture de ces différentes caractéristiques de la non-philosophie nous ferait nous demander si l’on n’est pas plus proche d’un exercice intellectuel plutôt que d’un exercice spirituel ? Qu’est-ce qui distingue l’un de l’autre ? Nous avons abordé cette dimension dans notre toute première partie et nous en avons conclu que c’est le rapport à l’âme incitant le travail sur soi qui va dimensionner « l’appellation » spirituel. Sommes nous dans ce cas avec la non-philosophie ?

Nous inclinons à le penser. Les différents paramètres que nous venons de voir, pris individuellement ne semblent pas significatifs à penser la non-philosophie comme exercice spirituel. Toutefois pris ensemble : le vocabulaire, les principes, la rigueur exigée à la compréhension poussent à penser cette discipline comme un exercice spirituel. Il faudra nécessairement effectuer un travail sur soi, « conditionner » son esprit, développer une certaine volonté pour accéder ne serait-ce qu’à la connaissance et à la compréhension de la non-philosophie. Ce travail sur soi sera d’autant plus exigeant dans la production de la non-philosophie où devra « être mis en œuvre son propre génie »[27]. Par ailleurs, exercice spirituel par excellence exigé par la non-philosophie ; le non-philosophe ne voit désormais plus le monde du côté du mondain, il ne considère celui-ci « jamais directement mais toujours à travers le prisme de la philosophie »[28]

De plus, à l’instar des exercices spirituels que nous avons pu voir originellement, ce qui est pensé, la visée comme nous l’avons déjà noté c’est l’individu en tant qu’« homme ordinaire », qui n’est bien évidemment pas l’homme mondain mais celui qui « renvoie à l’essence de l’individu en tant qu’elle n’appartient pas au monde »[29].

Enfin, peut être de façon plus anecdotique mais non moins réelle, il est intéressant de voir la présence véritable de disciples auprès du fondateur de la non-philosophie. Des disciples qui prolongent la pensée dans des thèses universitaires, des publications, des articles, des sites internet… Certains de ces disciples n’hésitent d’ailleurs pas à considérer que la non-philosophie imprime à l’histoire de la pensée « une coupure ou une marque dont la profondeur semble encore difficilement évaluable »[30].

S’interrogeant sur ces réflexions, Didier Cahen[31] va même jusqu’à se demander si la non-philosophie ne relèverait pas non seulement d’une école mais d’une « secte ». La réponse de cette hypothèse par celui qui a fondé la non-philosophie montre en quoi, celle-ci se rapproche fortement d’un exercice spirituel. François Laruelle en effet expose alors qu’il a établi des principes, des procédures qui ont fait éclore cette discipline qui est « théorique et pratique, [qui n’est] pas une religion ».

  1. La non-philosophie, une hypothèse de clarification des exercices spirituels

1) Encore un exercice spirituel !

Le rapide parcours de la non-philosophie que nous avons proposé semble nous montrer l’hypothèse que cette discipline soit un exercice spirituel : sa méthode, ses pratiques, ses visées forcent à considérer cette possibilité. Cependant nous sommes tentés de dire « encore un exercice spirituel ! », une nouvelle forme, nouvelles techniques certes, mais encore un exercice spirituel…

De Marc Aurèle à Laruelle, en passant par Descartes, Foucault tous ont été rapprochés des « exercices spirituels » ? De plus le cadre de notre travail ne nous le permet pas mais nous aurions pu rendre compte d’une plus grande exhaustivité sur ce thème avec une hétérogénéité toute aussi large. En effet que ce soit au sein des religions, des philosophies ou même dans un sens plus large les sciences humaines, la notion « d’exercices spirituels » a maintes fois été utilisée, interprétée pour ne pas dire parfois banalisée ou galvaudée. Ainsi dans la philosophie il eut été tout aussi pertinent – à l’instar de ceux que nous avons choisi – de convoquer par exemple Husserl, Henri David Thoreau, Maître Eckart, Spinoza… chez chacun d’eux se trouve la possibilité de repérer aussi des exercices spirituels. Dans la sphère théologique également, nous nous sommes arrêtés sur Ignace de Loyola et le christianisme mais bon nombre de religions s’octroient une dimension d’exercices spirituels, du bouddhisme à l’hindouisme ou dans des sectes plus petites que ce soit le pentecôtisme ou les témoins de Jéhovah par exemple. Enfin, revendiquant cette thématique, il est à noter bon nombre de charlatans que l’on retrouve  – outre les sectes – dans des publications populistes[32] où les exercices spirituels deviennent « des chemins de vies » ou encore « des voies pour s’accomplir ». Notons également qu’actuellement la spiritualité s’égare aussi en glissant vers une connivence avec les notions de médecines douces, de « psychologie légère » voire même de nourriture biologique…

Le besoin d’exercice spirituel et les tentatives de réappropriation

La polysémie de cette expression montre la difficulté du discours sur ce thème et, plus gênant, fini par complètement rendre inconnu ou inaudible les exercices spirituels ainsi qu’ils ont été établi dans l’antiquité, et leur sens du travail sur soi et une certaine quête de vivre selon le Bien.

La problématique que nous cherchons à établir dans cette toute dernière partie de notre travail est de se demander s’il est possible de faire émerger un seul et unique « exercice spirituel ». La multiplicité des écrits, des propositions à fait perdre tout sens à cette dimension fondamentale pour l’individu.

Cette nécessité d’exercice spirituel n’est pas surprenante et se prouve justement dans les publications diverses, dans les réappropriations multiples et dans la polysémie dont ce terme fait les frais.

La question, le problème qui s’établit se demande alors comment établir un exercice qui sortirait de l’ensemble de ces « rachats », qui s’établirait donc sans dimension religieuse qui n’aurait comme souci que l’homme, le travail sur soi, une certaine quête du Bien comme pouvait le pratiquer par exemple les Anciens.

La philosophie en charge de la réhabilitation ?

La philosophie peut-elle prendre en charge cette réhabilitation ? Est-elle légitime pour cela ? On peut noter que c’est l’axe choisi par Pierre Hadot dans son travail[33]. En analysant avec précision la méthode antique il a montré non seulement que le travail sur soi, la recherche du Bien était un exercice spirituel mais que celui-ci était une philosophie. Le propos peut bien évidemment d’autant plus faire sens si l’on noue cette proposition avec l’étymologie de « philosophie » : amour de la sagesse. Cependant on peut formuler une critique à ce travail extraordinaire, c’est qu’il vient s’écraser dans la notion d’exercice spirituel. Notion, qui, nous l’avons vue, est floue, peu spécifique. De plus, le travail de Pierre Hadot intervient alors que la connotation religieuse – conditionné par Loyola – est forte dans cette notion d’exercice spirituel alors justement que le propos est de montrer cette indépendance vis-à-vis de la religion.

Autre point majeur. Instituer que la philosophie puisse travailler à cette réhabilitation, n’est-ce pas illusoire et dangereux ? Tout d’abord au regard de notre moment précédent où nous avons vu grâce à la non-philosophie la prétention au Réel de la philosophie. Sur les exercices spirituels la philosophie agira de la même façon, une prétention sur les exercices spirituels. Une description des exercices spirituels, un jugement, un certain regard, un regard philosophique, c’est-à-dire encore un prisme, comme peut l’être celui des religions par exemple. De fait nous tombons de nouveau dans une difficulté insurmontable, un danger latent si la philosophie est en charge d’une telle réhabilitation.

De plus si la philosophie était en charge de cette tâche, cela signifierait qu’elle est première dans la pensée, que la philosophie aurait le primat sur la pensée et donc que les exercices spirituels seraient non seulement seconds mais seraient comme filtrés par la philosophie. Il ne faudrait pas croire que la philosophie agirait comme elle agit avec l’art par exemple où elle ne fait qu’observer et s’accommoder de celui-ci. Elle en fera nécessairement sa possession car ce sera pour la philosophie une trop belle occasion d’activer de nouveau sa suffisance en même temps l’occasion de revenir sur ce qu’elle a la réputation d’avoir institué et que nous avons vu à travers les Anciens : les exercices spirituels.

Nous en venons à l’idée que la spiritualité, de fait, les exercices spirituels, ne se « donnent » pas tels quels. La spiritualité ne va pas de soi, elle se travaille, s’institue par l’homme, s’observe par lui, se modifie, s’élabore.

Ce qu’il faut c’est donc un point d’appui « neutre », une accroche, une discipline pour prendre pied. Assez paradoxalement l’homme a posé les exercices spirituels, il les a inscrits en lui par besoin et nécessité et n’arrive pas à les faire exister sans religion, philosophie ou quelque autre transcendance. L’homme s’est laissé égarer par une théologie et une philosophie que la suffisance et la prétention ont éconduite vers une croyance en une transcendance divine qui, au fur et à mesure s’est constituée à l’extérieur de soi s’est établie avec pour conséquence, en quittant l’homme de se quitter lui-même et n’avoir plus aucun sens pour les exercices spirituels. L’homme se retrouve privé de sa création spirituelle, qui l’aide à mieux vivre, il s’est laissé déposséder de sa pensée spirituelle.

2) Un avenir non-philosophique des exercices spirituels

Les exercices spirituels se retrouvent au centre d’un étau théologique et philosophique, chacun cherchant à se les réapproprier. C’est pour leurs caractéristiques et en conséquence de leurs « nuisances » théologiques et philosophiques que la non-philosophie semble être la discipline « idéale » pour instaurer un exercice spirituel immanent et radical sans pour autant perdre une transcendance ; mais une transcendance-en-l’homme car partant de lui, restant en lui et allant vers lui.

Pour tenter d’assouvir le besoin d’exercice spirituel, nous proposons donc de nous appuyer sur la non-philosophie. Dans un premier temps nous proposons pour évacuer tout risque de réappropriation ou de mauvaise compréhension l’hypothèse du terme : « exercices-non-spirituels ». Faut-il préciser qu’il n’y a rien de négatif ou qui rend négatif quoi que ce soit dans cette notion ? Pas de nihilisme des exercices spirituels ou du spirituel. Celui-ci se forge dans un esprit qui allie d’une part la nécessité de son existence que nous avons vue et d’autre part sa filiation non-philosophique.

L’apport de la non-philosophie est donc multiple. Tout d’abord nous avons vu en quoi cette discipline peut être qualifiée d’exercice spirituel notamment par ses méthodes. Par ailleurs nous avons noté que la non-philosophie avait pour dogme la réflexion de l’homme, l’individu en dehors de toute philosophie. De plus la non-philosophie semble être la seule discipline rigoureuse, non entachée d’un passé ou d’une réappropriation permettant d’instituer ce besoin de l’homme. Enfin, sa liberté – devrions-nous dire sa créativité ? – sémantique offre la possibilité de ne pas retomber dans les travers passés que nous avons mentionnés.

Que serait un exercice-non-spirituel ?

L’exercice-non-spirituel semble être qualifié de lui-même, de fait, comme cause immanente à toute pensée bien avant la philosophie et bien avant la religion. Il peut craindre d’ailleurs dès sa sortie d’être rejeté par le fait d’être un empêcheur de penser en rond par les religions ou les philosophies. En fait, qu’il soit cause immanente à toute pensée c’est sa possibilité, sa potentialité mais pas sa réalité, il a besoin d’une volonté et d’une activation pour être ainsi disposé.

Faire émerger un exercice-non-spirituel n’est pas sans risque, outre d’être rejeté dès sa sortie, il peut aussi apparaître comme une autre tentative de spiritualité charlatane et venir mêler encore plus de confusion au désordre déjà ambiant des exercices spirituels.

L’exercice-non-spirituel devra donc venir – tel le messie – apporter une réponse au besoin de spiritualité, montrer ce qu’est le travail sur soi, viser le Bien sans jamais tomber dans les travers de la philosophie, des sectes, des religions.

Sa singularité non-philosophique dans son essence a le bénéfice d’éviter par nature toute prétention et par ailleurs de respecter l’individu comme « homme ordinaire ». Ce particularisme est hautement bénéfique pour notre propos car il permet de mettre en place une sorte de bouclier, de rempart à tout charlatanisme, toute religion, toute philosophie suffisante. En agissant telle une armure de la pensée spirituelle, chaque tentative de « récupération » sera condamnée avant même son apparition ; c’est ainsi que l’exercice-non-spirituel peut aussi être dit cause immanent à la pensée. L’exercice-non-spirituel sera nécessairement moins récupérable, ne permettra pas de transgression, de prétention et permettra de laisser l’homme « à son propre génie ».

La non-philosophie a permis de condamner la philosophabilité ; les exercices-non-spirituels de la même manière chercheront à condamner toute tentative de réappropriation de l’exercice et de la spiritualité comme il l’a été trop fait. Ils se permettent aussi de montrer du doigt les ersatz de spiritualité.

Sans requérir une connaissance religieuse, sans prétention à un quelconque savoir, sans dogmatisme élitiste, l’exercice-non-spirituel doit montrer qu’il est déjà là, avant tous ces risques. Les exercices-non-spirituels doivent être aux sectes, à certaines philosophies, à toutes religions ce que la non-philosophie est à la philosophie. La non-philosophie traite la philosophie, l’écarte, montre ses travers quant à sa prétention au Réel, sa philosophabilité et devient primat sur elle. L’exercice-non-spirituel agit de façon identique sur la religion, sur certains exercices spirituels populistes et certaines prétentions philosophiques s’en rapprochant.

 

Les exercices-non-spirituels n’ont pas la prétention d’innover, ce qui serait contraire à leur essence. Ils sont déjà là mais ils ont besoin d’une impulsion, comme nous l’avons dit, pour se montrer pour exister, eux qui ont été écrasé par le poids de transcendances obscures extérieures à l’homme. Cela ne signifie pas qu’il n’y a plus de transcendances mais celle-ci se trouve en l’homme et reste en lui, elle n’en sort pas. Les exercices-non-spirituels ont cette volonté d’aider l’homme à retrouver cette liberté, cette possibilité de transcendance qu’il a en lui. D’ôter en quelque sorte la transcendance extérieure qui pollue sa liberté et sa propre transcendance.

Pour le dire autrement on peut s’appuyer sur la métaphore de l’échelle de Wittgenstein que François Laruelle utilise fréquemment pour expliquer la logique philosophique[34]. L’exercice-non-spirituel serait tout simplement cette échelle qui serait posée sur l’Un et aiderait la pensée de l’homme à la transcendance sachant, bien entendu, que le haut de l’échelle est sur l’Un également, sinon on retomberait dans une transcendance externe. L’avantage de cette métaphore c’est qu’elle se délimite nécessairement par une certaine taille de l’échelle, ce n’est pas une échelle infinie, dont il ne serait possible d’en voir le bout. Ici l’échelle a un nombre défini de barreaux et elle s’arrête. Elle est dans sa sphère ce qui lui permet une transcendance : la sienne.

L’exercice-non-spirituel, une utopie à venir ?

On pourrait se demander si les exercices-non-spirituels sont une utopie ? Le projet n’est-il pas trop ambitieux ? A la fois contrarier une certaine habitude de la transcendance extérieure et a instaurer une transcendance de l’homme lui-même. D’autre part, proposer un travail sur soi est-il possible sans être un guide dirigiste, sans être un nouveau « gourou » ? Enfin sont-ils capables de s’opposer à la prétention philosophique et la suffisance théologique ? Ces premières interrogations – il y en aura d’autres – sont tout à fait légitimes, cependant elles sont peu pertinentes car elles restent philosophiques, elles n’acceptent pas l’immanence radicale de ces exercices-non-spirituels, leur autonomie et leur essence de déjà-là en l’individu.

Cette dé-transcendantalisation-externe mis en place par les exercices-non-spirituels est sans effort car ils opèrent-sans-opération. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’action mais c’est plus de l’ordre de l’acceptation que de l’action.

 

Après cette phase d’institution des exercices-non-spirituels, ils auront besoin d’être précisés, d’être explicités, ils auront besoin d’être encore clarifiés pour être compris et acceptés. Il sera nécessaire de montrer de façon pragmatique ce qu’est un exercice-non-spirituel, le travail sur soi, ce qu’il peut apporter pour « jouer » sur cette transcendance-en-l’homme. Il y aura à montrer comment ces axes sont travaillés et à travailler sans toutefois tomber dans des méta- ou ultra-exercices-spirituels.

Il y a donc dans cet établissement, un dépassement aussi qui relève du pragmatisme pour les exercices-non-spirituel à venir. Les exercices spirituels ainsi que nous les avons vus dans nos parties précédentes s’établissent par des penseurs, religieux, philosophes, intellectuels. Tous accèdent à cet exercice spirituel mais peu s’enquiert de l’homme mondain et donc des mises en œuvres. C’est pourtant aussi une dimension fondamentale, à la fois pour les exercices-non-spirituels, afin de leur montrer leur non-suffisance, leur non-prétention et à la fois pour l’homme lui-même pour atteindre ce besoin de spiritualité libre.

On commence donc à cerner quel serait ces exercices-non-spirituels, comment ils serviraient aussi à rassembler dans un concept toute la sphère d’une spiritualité de l’homme-en-soi ou une spiritualité-en-personne. Il s’agit là de l’homme en tant que pensée au centre de lui-même et/ou humanité.

Nous ne recherchons pas une définition, naturellement impossible de façon universelle des exercices-non-spirituels – car en chaque homme – mais comme un axiome aidant à décider si une pensée est spirituelle en considérant cette transcendance immanente. La volonté des exercices-non-spirituels est de permettre de penser l’homme et à l’homme de se penser en le mettant au centre, au lieu de mettre la doctrine ou une quelconque transcendance – philosophique, religieuse… – à cette place. Les exercices-non-spirituels ayant comme base l’homme, ils prennent tautologiquement l’homme mondain également en considération. Cependant il y a nécessité de le faire savoir et le montrer toujours avec l’objectif de les faire accepter.

Ces exercices-non-spirituels ne semblent pouvoir trouver refuge qu’au sein de la non-philosophie. Ils ne peuvent à l’évidence s’élaborer dans la théologie ou la philosophie pour les raisons que nous avons vues. Seule la non-philosophie peut établir une telle hypothèse, seule une discipline non enclose dans la foi philosophique peut accepter, promouvoir une telle indépendance de la pensée. Le but des exercices-non-spirituels n’est pas de produire de nouveaux exercices spirituels, son but est de faire accéder a l’homme à la spiritualité et à sa pratique, à son exercice dénué de toute transcendance, de toute prétention, de toute dictature sectaire.

Conclusion

Cette partie se détache de façon radicalement différente des autres parties pour plusieurs raisons.

Tout d’abord elle a essayé dans un premier moment de montrer ce qu’est la non-philosophie et en quoi celle-ci peut être un exercice spirituel. Nous avons eu l’occasion de voir que c’était l’homme, le Réel et l’Un qui forgeaient les grands axes de la réflexion, la visée de cette discipline. Cette pensée, nous l’avons montré nécessite une rigueur forte, une utilisation d’un vocabulaire difficile et une pratique méthodique. Outre ces paramètres, le travail de non-philosophie que ce soit en termes de lecture ou d’écriture nécessite un véritable travail, un exercice sur soi pour accéder à l’une ou l’autre pratique. A la lecture de ce moment on pourrait toutefois se demander si l’exercice spirituel ici mentionné concerne l’homme ou la philosophie, si finalement la non-philosophie ne serait pas un exercice spirituel pour la philosophie.

En analysant la non-philosophie comme un exercice spirituel nous avons établi la difficulté de rendre clair ce qu’est un exercice spirituel au regard de l’ensemble des parties précédentes et de celles que nous aurions pu y inclure. Il est apparu clairement que le besoin de l’exercice spirituel existait mais que celui-ci est confronté à la fois à un brouhaha théologico-philosophique et à des réappropriations abusives qui rendent impossible une détermination, une utilisation de ce qu’est un exercice spirituel et encore moins comment en déterminer une pratique.

Nous sommes alors appuyés sur l’essence de la non-philosophie et ses principes pour établir ce que pourrait être un exercice-non-spirituel. La proposition cherche à établir la possibilité d’exercices spirituels en essayant cependant d’évacuer les travers qu’ils avaient ou ont subit depuis leurs apparitions tels que la réappropriation ou la prétention. Nous avons tenté à ce moment de définir ce que pourrait être un exercice-non-spirituel : une pensée à la fois immanente et transcendantale mais une transcendance en l’homme, pour reprendre un mot de Laruelle, une pensée « immanentale »[35].

Néanmoins une telle proposition n’est pas résumable ou exprimable en si peu de lignes et ne fait qu’amorcer bon nombre de suspens, de questions comme nous avons commencé à le faire. Le cadre de notre travail ne permet que d’amorcer les prémisses d’un travail sur les exercices-non-spirituels nécessairement plus conséquent à venir.

Xavier Pavie

 

[1] François Laruelle, Lettre non-philosophique du 9 novembre 2006, Onphi.

[2] François Laruelle, Principes de la non-philosophie, PUF, P.120

[3] Hughes, Choplin, La non-philosophie de François Laruelle, Kimé, P.8

[4] François Laruelle, Philosophie et non-philosophie, Pierre Mardaga, 1989, P105

[5] François Laruelle, En tant qu’Un, Aubier, 1991, P. 248

[6] Hughes, Choplin, La non-philosophie de François Laruelle, Kimé, P.21

[7] François Laruelle, En tant qu’Un, Aubier, 1991, P. 208

[8] Ibid.

[9] Ibid., P.246

[10] Ibid., P.210

[11] François Laruelle, Dictionnaire de la non-philosophie, Kimé, P203

[12] Ibid., P171

[13] Hughes, Choplin, La non-philosophie de François Laruelle, Kimé, P.39

[14] François Laruelle, Qu’est-ce que la non-philosophie in Juan Diego Blanco, Initiation à la pensée de François Laruelle, L’Harmattan, P.41

[15] Ibid., P46

[16] François Laruelle, Principes de la non-philosophie, PUF, P.VI

[17] François Laruelle, Philosophie et non-philosophie, Margada, 1989, 8

[18] François Laruelle et collaborateurs, Dictionnaire de la non-philosophie, Kimé 1998

[19] Hughes, Choplin, La non-philosophie de François Laruelle, Kimé, P.74

[20] François Laruelle, En tant qu’Un, Aubier, 1991, P. 211

[21] François Laruelle, Qu’est-ce que la non-philosophie in Juan Diego Blanco, Initiation à la pensée de François Laruelle, L’Harmattan, P.51

[22] Ibid., P.65

[23] François Laruelle, Principes de la non-philosophie, PUF, P.266

[24] François Laruelle, En tant qu’Un, Aubier, 1991, P. 211

[25] Ibid., P.76

[26] Ibid., P.82

[27] François Laruelle, En tant qu’Un, Aubier, 1991, P. 242

[28] Hughes, Choplin, La non-philosophie de François Laruelle, Kimé, P.83

[29] Ibid., P. 221

[30] Hughes, Choplin, La non-philosophie de François Laruelle, Kimé, P.11

[31] François Laruelle, En tant qu’Un, Aubier, 1991, P. 239

[32] Nous entendons ici les livres et autres publications dont l’utilisation de l’expression « exercices spirituels » est peu rigoureuse quant à sa signification, son étymologie et sa signification historique. A titre d’exemples : « 35 nouveaux exercices spirituels » de Guy Jonquières ; « Les origines de l’alpinisme : exercices spirituels » de Patrick Kéchichian ; « Exercices spirituels pour tous les jours » de Anselm grün ; « Mets de l’ordre dans ta vie » de Carlo Maria Martini ; « Allez vers la source intérieure » de Pierre Stutz ; « La guérison par le souffle » de Werner Koch.

[33] Pierre Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique, Albin Michel, 2002

[34] François Laruelle, Esthétique, Non-esthétique, Cours polycopié Télédix, Paris-X, Année 2003-2004

[35] François Laruelle, Séminaire de philosophie générale, Construction et déconstruction de la philosophie, Paris X, 2006-2006

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