L’Emotion de Gaia

L’Homme – comme philosophe – décide du Monde.

Gaia est cette création quand elle est pensée comme Nature Totalisante.

La philosophie de Gaia, n’est pas La-Philosophie qui vécue une fois chaque fois n’est jamais une totalisation, mais une version philosophique qui fait fi des contradictions internes de chaque décision pour ne les penser que comme Unes (l’Un d’une multiplicité).

Dans un mouvement anti-copernicien, qui lui est permanent même s’il s’en défend toujours, l’Homme tente d’imposer son pouvoir.

L’Antropocène, cette manifestion grandiose du pouvoir de l’Homme, est la couronne qu’il réclame.

Pour parvenir à cette hégémonie, l’Homme doit quitter la vision Locale pour une vision Globale et ne conserver que les éléments qui renforcent son pouvoir.

Le Local est cette vision de l’Homme où chaques (non-) lieux est connecté à son prochain et constituent un espace pour chacun – un-par-un -. Alors que le Global est un oubli -partiel- du local. Un oubli qui ne supprime pas l’espace local, mais le rend inaccessible, le masque.

Pour cela, l’Homme crée des hiérarchies de valeurs – des décisions sur la décision -. Il affecte à chaque terme de Gaia une valeur et oublie ce qui lui nuis.

L’Emotion, cette décision sur la décision propre a l’Homme vivant, au lieu de lui permettre de comprendre le Monde philosophique – Gaia -, lui sert d’arme de destruction massive.

Les artistes étant ses artilleurs…

L’état de secret

Le Secret est toujours l’affirmation d’une faiblesse, l’affirmation que l’usage par l’autre de l’information ne pourra être empêché et que cet usage sera nuisible. Il est une forme de contrainte, d’usage de la force : Une pratique qui empêche la pratique de l’Autrui.
Le Secret s’oppose à la Vérité comme partage, car la Vérité bien plus qu’une « adéquation de la pensée au Monde » est « partage du Monde avec l’Autrui ». Le « retrait au Monde de la chose », retire à la chose son « sens en Monde » qui est l’essence de Vérité. Il ne peut ainsi y avoir de « préservation de la Vérité » par la mise en secret. Il s’agit seulement d’une préservation d’un pouvoir par retrait de la puissance de l’Autre.
La Démocratie comme pratique du peuple, ne peut privilégier celle d’un individu ou d’un groupe sur celle d’un autre. Elle ne peut donc permettre à l’un d’empécher la pratique de l’autre.
Moi donc l’Autre, est le premier terme de la Démocratie, affirmation de la Liberté. La liberté ne peut admettre le Secret comme pratique et tout ce qui pratique le Secret renonce à la Démocratie.

En Démocratie, si l’un peut tous peuvent… comme un.
Tous comme un, tel est le deuxieme terme de la Démocratie, c’est le sens du mot égalité, mot qui ne siginifie pas identité. L’égalité ne dit pas le même, mais « le même valeur ». Ce n’est pas la chose, l’elément du Monde, qui est identique, mais son poid dans une hiérarchie donnée. Or la connaissance de l’échelle de valeur, non plus, ne peut être retirée sans perdre la Démocratie. Et la Démocratie ne peut être par intermittence, une fois là, une fois absente. Une fois perdue, l’unité en peuple disparue, il faut la constitution d’un nouveau peuple pour en ramener la pratique : Un peuple qui croit en la pratique de ces valeurs. La Démocratie est une pratique continue qui demande la continuité du peuple qui la pratique. L’identification d’un peuple à un peuple passé comme étant le même peuple est toujours halluciné, une construction.

Moi comme l’Autre est le troisième terme de la Démocratie. La Fraternité est empathie. Véritable sens du mot amour tant galvaudé. L’Autre comme moi-même, la prise en compte du désir de l’Autre non pas avant ou plus que mon propre désir, mais… à égalité. Aussi, seule la fraternité admet le Secret, acceptation de la faiblesse de l’Autre et du désir de ne pas en profiter pour prendre l’ascendant. Le Secret admis par la Fraternité est le Secret réciproque, l’affirmation que dans le Vécu de l’Autre, il y a des choses à ne pas savoir : l’affirmation d’une vie privée.

Ainsi, le Secret est-il toujours incompatible avec la Démocratie… Sauf quand il est demandé par l’Autre pour lui éviter de savoir.

Le Monde est construction et pourtant il fait mal

La valeur dit du Monde ce qu’il vaut. Elle est l’identification, la mesure, d’un rapport entre une échelle – de valeur – et tout ou partie du Monde, le rapport d’une multiplicité à une unité qui lui sert d’étalon. Et seul un abus de langage permet de croire qu’un « objet de valeur » à une « bonne » ou « beaucoup » de valeur. Un objet de « peu de valeur » à une valeur : peu. Même « l’inappréciable » à pour valeur « inappréciable », (ce qui indique seulement qu’il dépasse l’échelle donnée comme mesure du rapport).

La Valeur est décision sur le Monde – décision sur les décisions -. Ainsi même dire du Réel qu’il est « immanence radicale » est donner valeur au Réel – ce qui du point de vue de la non-philosophie est une hallucination – hallucination pourtant demandée par la philosophie qui lui sert de média pour s’exprimer.

La philosophie nécessite pour fonctionner d’établir des hiérarchies qui sont « mises en rapport », « échelle de valeurs». Ces hiérarchies partent du Monde – comme matériaux et pratiques – pour en faire la mesure : lui donner valeur.

L’émotion, comme valeur, est également un rapport, le rapport d’un état actuel avec un état futur – désiré- . Si cela pose l’émotion comme bien tempérée, ça ne fait pas pour autant du temps un absolu ou un a priori. Il faut seulement le voir comme « nécessaire au Sujet émotif »… l’émotion demande la donation d’un but-à-atteindre qui, comme tel, est but pas encore atteint par le Sujet, même s’il est déjà atteint dans la donation par l’émotion.

Le Monde est construction et pourtant il fait mal.

Nous croyons que le Réel est réel parce que nous le vivons, mais nous pourrions tout aussi bien vivre le Virtuel – la maquette du Monde -. En fait, comme nous le montre l’allégorie du rêve du papillon, seule notre foi dans l’existence du Monde comme Monde nous permet de le croire Réel. Car si le Monde fait mal, ce n’est pas parce qu’il existe en Réel, puisque qu’un songe peut, tout autant, nous faire souffrir, mais parce qu’il résiste.

Et si le Monde résiste c’est qu’il est vécu, c’est que la pratique en Monde donne.

pouvoir et pratique de l’émotion

Les manifestations heureuses ne sortent que d’une émotion, et une émotion ne sort que d’une conviction. On est point ému par la chose à laquelle on ne croit pas avec ardeur

Georges Sand à Flaubert

Si pouvoir et pratiques sont actes en pratique, le pouvoir dans son rapport hierarchique use de la contrainte quand la pratique reste acte.

Le pouvoir est la capacité de faire le Vrai : la capacité de faire partager son Monde à l’Autre.

Ce pouvoir n’est pas nécessairement celui du Fort ou de l’Etat, la victime détient également du pouvoir puisqu’elle peut également créer du Vrai. Car la position de victime affirme l’appropriation de la douleur et dénie la douleur de l’Autre. Elle est en quelque sorte l’antagoniste de l’Empathie : La victime est la croyance que l’Empathie ne doit aller que dans une direction : de l’Autre à soi.

On ne fume pas « l’image d’une pipe », « la carte n’est pas le territoire », de ce sentiment – qui est une conviction – nous forgeons le mixte de l’Etre et de sa représentation (l’Etant ?). Mais la non-philosophie montre l’Etre tout autant halluciné que l’Etant. Halluciné car philosophique. Ainsi, la philosophie la plus matérialiste n’est qu’une vision idéaliste du Réel qu’elle tentera de mettre a distance ou de modeliser, masquant ainsi ce Réel par le dire même du philosophe.

L’Etre se pratique, l’Etant se suit du doigt (ce qui est une pratique).

Nous aimerions souvent que l’émotion – comme valeur – se suive du doigt (comme une représentation), mais nous la ressentons comme une pratique directe – sans intermédiation – : pratique du but et non pratique vers un but.

L’émotion n’est pas limitée par la raison, même si elle participe à sa pratique. Mais cette pratique – comme toute pratique – est sincère (ni vrai, ni fausse, mais exacte). La pratique de l’émotion est Vécu – Vécu en vie, comme habitation (du) Monde – mais qui ne s’oppose en rien au Vécu-sans-vie de la pratique en Réel.

L’émotion est de l’ordre de l’évidence – la vérité solitaire – car elle remplit les vides du Monde – que l’on pratique en cette fois-ci – et lui donne « l’image de Réel ». Un « remplit » qu’un religieux appelerais « la Grâce », mais qui reste ici une pratique du commun.

L’émotion fonde en sa foi une pratique future.

La fabrique de l’identité

En fait, l’identité perdue, n’est pas en toute rigueur un concept non-philosophique. Pour un non-philosophe, l’identité peut être masquée, contrainte, faussée, oubliée, empéchée et c’est seulement par là même qu’elle peut être dite perdue. Car l’identité est une pratique une-fois-chaque-fois et ainsi donnée à chaque pratique. Elle n’est d’ailleurs pas non plus (re)donnée car il n’y a pas de causalité entre l’identité de la pratique de cette fois-ci et l’identité donnée par la pratique de cette fois-là. Lorsque l’on croit qu’il y a continuité entre l’identité d’hier et l’identité d’aujourd’hui il ne s’agit que d’une hallucination, d’une habitude de croyance.

La société et l’habitude pratiquent une « assignation à identité », une forge de l’identité. C’est bien pour cette raison que nous pouvons être « surpris de reconnaître (ou de ne pas reconnaître) quelqu’un que nous n’avions pas vu depuis un certain temps : il n’y a pas d’absolu de l’identité. Les sociétés traditionnelles l’ont parfaitement compris et l’ont formalisé et ritualisé à travers le carnaval, qui est un « droit de changer d’identité », mais pour un temps seulement. Car sans identification, aucun contrôle n’est possible. Et sans contrôle pas de Société.

Il est nécessaire pour que la Société soit, que l’identité ne soit plus sujete à chaque pratique en identification, mais qu’elle soit ritualisée, formalisée. Forme qui dans les pays de culture écrite prend la forme de « papier d’identité ». Nous rappellerons, cependant, que la carte d’identité à été crée en France en 1940 sous le régime de vichy. (Si l’acte de naissance paroissial est plus ancien, il participe de la même volonté de contrôle de la communauté).

Alors est-on plus soi-même parce que l’on a (ou pas) un papier l’affirmant ?

La société et la philosophie croient que le Sujet est le « s’a » le (se avoir) une identité. Comme si l’identité pouvait être « eu » une fois pour toutes. Comme si seul l’age pouvait altérer la photo d’identité. Mais la création de papiers d’identité n’empeche pas l’usage de pseudonymes (artistiques ou autres), de surnoms, ou tout simplement de descriptions : « le grand blond à lunettes » qui toutes sont des pratiques d’identité, même si elles ne peuvent se prévaloir d’être des pratiques EN identité. La pratique EN identité ayant cette particularité que si elle donne identité, elle les donnes toutes. La pratique DE l’identité EN identité nécessitant une philosophie où pratiquer pour en limiter la portée.

Puisque nous devons, en Société, justifier de son identité, c’est bien la démonstration que l’identité n’est pas directement liée au Sujet. Qu’il n’y a pas d’ « identité qu’a le Sujet », d’avoir du Sujet. L’identité est une pratique une fois chaque fois, mais autant une pratique de l’Autre qu’une pratique de soi-même. C’est une pratique du Vécu pondérée par l’émotion. Emotion qui complete le vécu pour lui donner un futur. L’identité n’est pas un ici et maintenant, elle est un hier donc aujourd’hui auquel on s’attache, et à qui l’on donne de la valeur par l’émotion.

Le Manifeste et le conditionnement

Aujourd’hui, en Europe, les Médias – et particulièrement la Télévision – par mise en proximité permanente, répétée, ressassée, imposée, systématique pour ne pas dire matraquée, nous habitue à l’idée que le Musulman est l’ennemi, qu’il est dangereux, qu’il est un risque pour nous et pour nos enfants, qu’il l’a toujours été – rappelons nous bien les croisades (en oubliant qui attaquait qui) et l’invasion arrêtée à Poitiers par Charles Martel (732 n’est pas si loin) – : un terroriste en puissance (en oubliant là encore les « actions directes » et autres groupuscules). Terroristes en puissance, mais sans puissance puisque que n’attaquant que de façon lâche et fourbe.

Au point qu’aujourd’hui, en France, à Paris, un Musulman n’ose plus porter sa barbe, qu’un non musulman porteur de barbe ne peut être qu’un terroriste qui s’ignore – mais qu’il ne faut pas ignorer -.

Une minorité à perdu son identité – qui lui a été volée, retirée de force – réduisant par la même la liberté de la majorité conditionnée. Et cette minorité a perdu son identité à partir de raisonnements fondés en l’émotion. Aucun Raisonnement logique, rationnel et objectif – quel que soit le sens de ces mots – ne permet d’arriver aux comportements de la majorité reniant sa minorité.

Pourtant une impression de logique et de raisonnement, une impression d’évidence vient ici le justifier. C’est que l’émotion si elle donne le but, ne renie pas le mouvement de la raison – le cœur à ses raisons… –

« La lutte n’est pas la résistance », mais la résistance est mise au Monde de l’identité, la présence au Monde de l’identité. Renoncer à cette présence au Monde, parce qu’un nouveau Monde nous est donné – contraint, forcé – dans toute son émotion, c’est renoncer à cette identité.

C’est, d’ailleurs, ce qu’on certainement comprit les alter mondialistes qui n’essayent pas de lutter contre la « Mondialisation », – ils en sont maintenant un des acteurs incontournable – mais de faire que cette Mondialisation n’aliène pas leur identité propre (et locale).

Depuis le 11/09/2001, en occident, barbes et foulards sont pointés comme des signes d’aliénation. Mais le véritable signe d’aliénation n’est il pas de renoncer à son identité ?

Tout homme de coeur sur cette Planète , se devrait de porter la barbe la plus fournie par solidarité avec ces milliards de Musulmans honnêtes à qui l’on ôte toute identité, les forçant à en endosser une autre sous la contrainte. Toute femme intelligente, se devrait de porter un foulard en public, non pour cacher, mais pour montrer, pour révéler… pour re-mettre au Monde l’identité perdue.

le contexte ou le Monde

Tout égal par ailleurs, qu’est ce qui peut faire que Jacques, enfermé dans une piece, attende avec impatience l’ouverture de la porte ou la craigne absolument ?

Si Jacques est amoureux et attend que Marie passe la porte ou si Jacques est condamné à mort et doit passer la porte pour la dernière fois. On comprend aisément son sentiment. La différence de sentiment de jacques est due, ici, à une différence de contexte. Cette différence de contexte signifie, en réalité, que « tout n’était pas égal par ailleurs » et que la différence était seulement « au-delà » de ce que nous avions vu.

Maintenant si Jacques sais que Marie va venir, et que Jacques aime Marie ou que Jacques déteste Marie, la totalité du Monde peut être absolument identique pourtant l’action de Jacques différera du tout au tout.

Ce n’est plus une différence de contexte puisque la totalité du Monde autour de Jacques est le même, Mais ce n’est plus, non plus, le même puisque Jacques y agis différement. C’est un Monde alternatif.

Une variation émotionnelle ne produit pas de changement de contextes, mais un autre Monde, une autre philosophie.