L’Emotion de Gaia

L’Homme – comme philosophe – décide du Monde.

Gaia est cette création quand elle est pensée comme Nature Totalisante.

La philosophie de Gaia, n’est pas La-Philosophie qui vécue une fois chaque fois n’est jamais une totalisation, mais une version philosophique qui fait fi des contradictions internes de chaque décision pour ne les penser que comme Unes (l’Un d’une multiplicité).

Dans un mouvement anti-copernicien, qui lui est permanent même s’il s’en défend toujours, l’Homme tente d’imposer son pouvoir.

L’Antropocène, cette manifestion grandiose du pouvoir de l’Homme, est la couronne qu’il réclame.

Pour parvenir à cette hégémonie, l’Homme doit quitter la vision Locale pour une vision Globale et ne conserver que les éléments qui renforcent son pouvoir.

Le Local est cette vision de l’Homme où chaques (non-) lieux est connecté à son prochain et constituent un espace pour chacun – un-par-un -. Alors que le Global est un oubli -partiel- du local. Un oubli qui ne supprime pas l’espace local, mais le rend inaccessible, le masque.

Pour cela, l’Homme crée des hiérarchies de valeurs – des décisions sur la décision -. Il affecte à chaque terme de Gaia une valeur et oublie ce qui lui nuis.

L’Emotion, cette décision sur la décision propre a l’Homme vivant, au lieu de lui permettre de comprendre le Monde philosophique – Gaia -, lui sert d’arme de destruction massive.

Les artistes étant ses artilleurs…

Hérésies

Le péché d’Adam ne fut pas de connaitre, il ne fut pas de savoir. La connaissance qu’il acquis du bien et du mal, ne lui fut pas reproché par Dieu parce qu’il s’agissait de connaissance, mais parce que le Bien et le Mal sont des décisions sur le Monde.

Le commandement, même, donné par Dieu « Tu ne gouteras pas aux fruits de l’arbre de la connaissance » est en lui même un Savoir, une Connaissance. Il ne peut donc pas s’appliquer à la connaissance elle-même, mais doit l’être « aux fruits » de cette connaissance, les décisions que l’on prend avec l’arrivée des connaissances : Les Valeurs, et particulièrement leur mise en ordre d’une manière qui ne serait pas donnée par Dieu : les hiérarchies.

Le péché d’Adam doit être vu, alors, comme affirmant : « cette connaissance est le contraire de celle ci » et « celle là est meilleure ».

Etre et penser sont le même « est » (est de l’être de l’étant) nous dit Parménide, toute catégorisation, construction d’opposés et de hiérarchies nous éloigne de la perfection sphérique (immanente et unique) de l' »Est ».

Il ne faut, alors, pas voir – comme Hobbes – en Dieu le juge mais celui qui ne demande aucun jugement, parce qu’il sait tous les mondes possibles comme identiques en dernière identité. Dieu demande en réalité à Adam de ne pas juger, de ne pas couper et catégoriser la création (l' »Est »).

Leibniz à raison de penser que le Monde que nous pratiquons est le meilleur possible, non pas parce qu’il s’agit d’un optimum unique et indépassable, mais parce que le Monde que nous pratiquons est praticable (nous pouvons y agir) d’une manière telle que les hiérarchies y sont toujours contingentes : Nous pourrions encore y obéir à l’injonction première, car tel est le libre arbitre.

Toute affirmation « ceci est bien » ou « ceci est mal » éloigne donc l’Homme de sa rédemption. Mais alors l’affirmation « ceci est mal car cela éloigne de la rédemption » l’éloigne également. Il faut alors dire « ce qui dit le bien ou le mal, dit le bien ou le mal et éloigne de la rédemption » sans affirmer qu’il faut s’en approcher. Attitude difficile a maintenir dans notre monde manichéen.

Si – avant d’avoir gouté la Pomme de la hiérarchie – Adam était immortel, c’était que la finitude de la mortalité y rejoingnait alors l’infinitude de l’immortalité.

Le Temps – Mondain – ne peut Etre sans Horloges pour découper le mouvement en régularité. Or les horloges sont des mouvements dont la régularité est repérée par un référent immobile à ce mouvement (ce repère peut être aussi en mouvement, mais il sera considéré comme fixe par rapport au mouvement premier), et les horloges produisent des hiérarchies, des relations d’ordre (ceci vient avant cela).
Elles sont donc créées par l’irrespect du commandement divin.

Ceci signifie que le mouvement au jardin d’éden était toujours unique et original, sans aucun référent auquel le comparer. il ne permettait pas la création d’horloges et donc pas la création du Temps.
Chronos fut le premier destructeur du Jardin d’Eden.

L’état de nature n’est donc pas l’état originel (dans un esprit chrétien), car la Nature identifie (sélectionne et classe). La nature crée des hiérarchies.

L’état originel doit plutôt être vu comme « foi en réel » (et non foi dans le Monde) et pratique en Réel (au delà du bien et du mal). La « foi en Réel » est aussi foi en le Réel, car il faut bien admettre que le Réel est Réel pour nier le rêve du papillon. Mais cette seconde foi est de l’ordre de la croyance alors que la première est existentielle.

La pratique Mondaine – qui repose sur des décisions et des hiérarchies – ne peut qu’éloigner de la béatitude, de l’état d’avant la Nature, de l’état Originel.

L’obéissance à la Loi, et particulièrement à la loi de l’Homme, ne peut le conduire qu’à la compromission. Même quand son argument est un retour à un état de nature plus primordial.

Si l’Homme n’est pas originellement méchant, il l’est naturellement : l’obéissance à la Loi le rendant mesquin et la constitution de la Loi le rendant arrogant.

Il ne peut y avoir de rémission « du » pêché par obéissance à la Loi (humaine, le royaume n’étant pas de ce Monde). Et les (autres) pêchés ne sont que des catégories humaines, des hiérarchies de connaissances du bien et du mal.

Si Adam a chut, en ayant gouté à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, sa rédemption ne peut venir que de son renoncement à ce fruit. L’Homme se doit de renoncer à la connaissance du bien et du mal. C’est à dire à la hiérarchie des valeurs quelles qu’elles soient.

La non-philosophie en pratiquant un Réel au delà de la morale, en désignant des Mondes qui autorisent des morales diverses, voir contradictoires, en ouvre la voie.