pouvoir et pratique de l’émotion

Les manifestations heureuses ne sortent que d’une émotion, et une émotion ne sort que d’une conviction. On est point ému par la chose à laquelle on ne croit pas avec ardeur

Georges Sand à Flaubert

Si pouvoir et pratiques sont actes en pratique, le pouvoir dans son rapport hierarchique use de la contrainte quand la pratique reste acte.

Le pouvoir est la capacité de faire le Vrai : la capacité de faire partager son Monde à l’Autre.

Ce pouvoir n’est pas nécessairement celui du Fort ou de l’Etat, la victime détient également du pouvoir puisqu’elle peut également créer du Vrai. Car la position de victime affirme l’appropriation de la douleur et dénie la douleur de l’Autre. Elle est en quelque sorte l’antagoniste de l’Empathie : La victime est la croyance que l’Empathie ne doit aller que dans une direction : de l’Autre à soi.

On ne fume pas « l’image d’une pipe », « la carte n’est pas le territoire », de ce sentiment – qui est une conviction – nous forgeons le mixte de l’Etre et de sa représentation (l’Etant ?). Mais la non-philosophie montre l’Etre tout autant halluciné que l’Etant. Halluciné car philosophique. Ainsi, la philosophie la plus matérialiste n’est qu’une vision idéaliste du Réel qu’elle tentera de mettre a distance ou de modeliser, masquant ainsi ce Réel par le dire même du philosophe.

L’Etre se pratique, l’Etant se suit du doigt (ce qui est une pratique).

Nous aimerions souvent que l’émotion – comme valeur – se suive du doigt (comme une représentation), mais nous la ressentons comme une pratique directe – sans intermédiation – : pratique du but et non pratique vers un but.

L’émotion n’est pas limitée par la raison, même si elle participe à sa pratique. Mais cette pratique – comme toute pratique – est sincère (ni vrai, ni fausse, mais exacte). La pratique de l’émotion est Vécu – Vécu en vie, comme habitation (du) Monde – mais qui ne s’oppose en rien au Vécu-sans-vie de la pratique en Réel.

L’émotion est de l’ordre de l’évidence – la vérité solitaire – car elle remplit les vides du Monde – que l’on pratique en cette fois-ci – et lui donne « l’image de Réel ». Un « remplit » qu’un religieux appelerais « la Grâce », mais qui reste ici une pratique du commun.

L’émotion fonde en sa foi une pratique future.

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