Allons enfants… : Clandestinité et résistance

Mais en soi, la clandestinité n’est pas lutte mais résistance, elle ne tente pas de contraindre l’Autre (la Majorité, l’autorité) à accepter son identité, mais seulement refuse de la perdre.

Toutefois là où la résistance peut se contenter d’être passive et admet d’être publique, la clandestinité est agir. Même s’il s’agit seulement de se cacher de l’autorité, la clandestinité est acte de masquer.

Bien sûr la résistance n’est pas seulement du coté de la clandestinité. Car il y a aussi une « résistance à la clandestinité » qui est une résistance de l’autorité à la « possibilité de résistance du clandestin ». Mais cette résistance-ci est de l’ordre de la lutte, elle veut l’application de la règle et le respect de l’autorité.

Elle le veut non pas spécifiquement contre la clandestinité, mais plus généralement comme lutte contre l’anarchie, l’absence de chef et de règles. Car il est dans la nature de la clandestinité qu’il soit difficile de lutter contre elle. La clandestinité n’est pas à la marge, elle n’est jamais marginale, elle est bien au contraire au cœur même du peuple, cœur qui bien que double reste un.

Et si l’autorité requalifie le clandestin comme partisan, résistant, anarchiste ou terroriste, ce n’est pour elle qu’un moyen de lutter. Car la lutte contre le clandestin passe par sa révélation, sa dénonciation, son identification.

Étant donné qu’il n’est que deux moyens de sortir de la clandestinité : son abandon par la minorité, ou sa révélation par la majorité.

Dans une éthique Machiavélienne, cela peut conduire l’autorité à recourir elle-même à des comportements clandestins, comme l’ouverture du camp de Guantanamo ou l’installation de portes dérobées sur les ordinateurs personnels connectés, pour lutter – avec toute l’efficacité nécessaire – contre la clandestinité. Les deux clandestinités cherchant à (re)donner du pouvoir à leur parti.

 

Seulement le clandestin ne peut être révélé sans perdre son identité (de clandestin). La révélation l’efface et le détruit. Son action ne peut être dirigée que vers sa pratique identitaire rendue impossible par l’autorité et son masquage, son rendu-invisible qui lui permet d’être-lui-même.

La majorité doit alors, elle-même, marquer son désaccord avec la pratique faite en son nom par une désobéissance civile qui est un non respect de la règle et de l’autorité mais affirmée publiquement et donc absolument pas clandestine. Cette désobéissance pourra prendre la forme d’une imitation des pratiques et valeurs minoritaires ou au moins par la défense active de celles-ci. L’imitation n’ayant pas ici le but de la moquerie et de la caricature, mais la forme du respect et du soutient.

Et c’est depuis cette pratique de la Majorité, que la Minorité clandestine pourra retrouver sa présence au Monde et le peuple son unité.

(Début)

Texte publié dans ClandestinitéClandestinité, une ouverture

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