Petit Pratique de Traduction :III Le Domaine de compétence du traduire

III.1 L’Original et la Copie

Il n’est plus si aisé de différencier l’Original de sa Copie, ni par son origine – les deux provenant du même processus (la capacité de l’auteur à mieux connaître sa propre pensée étant, pour le moins, discutable et pour le mieux, relevant d’un a priori philosophique) – ni par son résultat, celui-ci nécessitant systématiquement une évaluation.

Dans le cas le plus extrême, nous pourrions trouver une traduction qui ne reprennent, ni la forme, ni le sens, ni les objets du texte d’origine, pas plus que les mots d’une ou l’autre langue, mais induit dans le lecteur un état particulier qui soit identique à celui du lecteur du texte d’origine, et nous pourrions évaluer positivement cette traduction. Les deux pratiques étant identiques.

III.2 l’auteur et le lecteur

La solution de considérer le domaine du lecteur et de l’écrivain comme deux domaines distincts est, également, difficile. Car l’écrivain est également le premier lecteur, et il pratique généralement une écriture qui permet d’être lue.

Il y a cependant des exceptions :

* des œuvres pensées par l’auteur comme « écriture absolue», des livres que l’on ne peut pas lire car où que l’on commence, on n’en est pas encore au début, comme est l’expérience d’« Heurt limite » de Jean-François Jacq. Mais même de telles œuvres montre la communauté du lecteur et de l’écrivain, non plus dans la lecture, mais dans le vécu, le livre ne permettant que l’expérience, la pratique de ce vécu.

* ou des œuvres dont l’écriture est plus ou moins partiellement laissée au lecteur (c’est le cas ainsi des « romans dont vous êtes le Héros », les livres hypertextuels). Mais là encore, cette pratique réduit drastiquement la distance entre l’auteur et le lecteur.

Si le domaine du traduire, ne peut être tiré du texte, ni du contexte, ni de l’auteurs ou du lecteur, on peut se demander s’il existe encore un « domaine de compétence » spécifique de l’acte de traduire. Même la langue, n’est plus une condition du traduire, puisque l’on peut traduire en conservant cette langue. Les exercices de styles à la Queneau en sont une démonstration.

III.3 l’acte de traduction

Il faut, alors, voir la traduction comme une transformation. Une transformation (d’un texte) d’une philosophie (un Monde) vers une autre. Même si la langue du lecteur diffère de celle de l’auteur, ceci ne forme pas deux domaines distincts pour la pratique du Traducteur, il lui est – au contraire – nécessaire d’en faire un domaine unique qui permette la transformation de l’une vers l’autre.

Traduction
Traduction, une derniere fidelite

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