Docte ignorance et savoir indocte

J’appelle maximum une chose telle qu’il ne puisse pas y en avoir de plus grande. Or, la plénitude convient à un seul être ; c’est pourquoi l’unité coïncide avec la maximité et elle est aussi entité. Or, si une telle unité est absolue d’une façon universelle, hors de tout rapport et de toute restriction, il est manifeste, puisqu’elle est la maximité absolue, que rien ne lui est opposé. C’est pourquoi le maximum absolu est une chose unique qui est tout, en qui tout est, parce qu’il est le maximum. Comme rien ne lui est opposé, avec lui, en même temps, coïncide le minimum ; c’est pourquoi il est ainsi dans tout. Et parce qu’il est absolu il est en acte tout l’être possible, ne subit des choses aucune restriction et en impose à toutes. Ce maximum que la foi indubitable de toutes les nations révère aussi comme Dieu, sera, dans mon livre premier sur la raison humaine, l’objet que, sans jamais pouvoir le comprendre, je m’efforcerai de rechercher, sous la conduite de celui qui, seul, habite dans une lumière inaccessible.Nicolas de cues « docte ignorance »

Nicolas de cues professait la « docte ignorance », là où la non-philosophie proclame le « savoir indocte ». La docte ignorance prend la suite de Socrate qui affirmait « savoir qu’il ne savait pas » mais alors que Socrate pensait qu’il serait possible de savoir ce que l’on ne sait pas, Nicolas de cues affirmait qu’il y a, à la base de tout savoir, un inconnaissable. Un inconnaissable qu’il faut savoir « doctement »  comme inconnaissable.
Le « savoir indocte » de la non-philosophie annonce, pour sa part, « un savoir que l’on ignore savoir, mais que l’on pratique malgrés cette ignorance. Seulement le « savoir indocte »  tout comme la « docte ignorance » porte sur un inconnaissable. Immanence radicale, maximum- minimum (que nicolas de cues nomme absolu puisque hors de toute mesure, hors de toute dualité, hors de toute opposition) que tout deux nomme Un.
Ce que vise Nicolas de cues en parlant de « docte ignorance » est le philosophe, alors que la non-philosophie pointe le Réel « immanence radicale », mais pour chacun l’Un est acte et inconnaissable et le philosophe « docte » et ignorant.

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