Qu’est-ce que la rigueur ?

lumiere d outre tombesLa rigueur est prendre appui sur des principes établis pour avancer, c’est un cheminement au clair, sur un terrain complètement découvert.

1.1.1.1. Transformer sans rupture sur un fond d’immanence

1.1.1.2. Rigueur et logique

La première vue pourrait faire croire que la rigueur se fonde sur la logique. Mais qu’est donc la qualité qui donne à la logique sont droit-à-la-rigueur ?

1.1.1.2.1. Un jeu de langage appelé Réel.

Le statut de la logique de « compréhension qui atteint le Logos » suffit-il à son autorité de rigueur ? Le langage est jeu de langage, mais le jeu de langage est jeu de langage. Aussi ne pourrait-il prétendre à la rigueur que s’il est montré au clair un jeu de langage en-dernière-instance qui soit principe au clair. Ceci le ferait alors entrer en concurrence avec le Réel qui tient actuellement cette position dans la pensée courante. Il faudrait donc que le Jeu de langage en-dernière-instance soit le Réel pour lever la contradiction. Même dans cette condition, son autorité sur la rigueur ne serait avérée que si le Réel dispose lui-même de cette autorité. Or celle-ci lui est parfois contestée. Et en matière d’autorité une contestation ruine l’autorité.

1.1.1.2.2. Pas de diplôme de rigueur pour la logique

Par ailleurs, même si le langage obtenait son diplôme de rigueur, faudrait-il encore démontrer que la compréhension atteint effectivement le logoz, et le démontrer de manière telle que chaque mouvement en soit éclairé.Par ailleurs, même si la logique atteint le logoz, elle ne peut l’atteindre dans sa totalité et doit elle essayer de cacher son manque derrière une position d’autorité qui définit tout ce qui n’est pas elle comme alogique, dont l’horizon reste toujours ouvert et donc beaucoup plus large que la logique elle-même. C’est ce qui explique sa gêne avec la polysémie, la contradiction et la notion de contexte.Par ailleurs, la logique n’est peut être pas aussi simple et claire qu’elle veut essayer de le faire croire. Que serait la logique sans la mesure de l’étalon dans le fait et la prise de décision ? Induction et déduction n’en sont que deux formes particulières.La logique ne semble en définitive pas du tout un bon candidat à la rigueur. Car elle s’appuie sur un jeu de langage trop éloigné de celui que l’on appelle Réel. Ça ne l’exclue pas a priori, mais rend sa candidature à démontrer.

1.1.1.2.3. Possibilité de démontrer hors de la logique

Ceci veut également dire que l’acte de démontrer ne dépend pas de la logique, sinon plus rien est possible. Il y aurait donc des conditions propres à la démonstration et hors de la logique.Démontrer, c’est dé-monstrer, c’est donc prouver en retirant la monstration (le poser devant dirait Heidegger), mais retirer le « poser devant » de manière telle que le monstre (l’être de l’objet en monstration) se retire en découvrant la relation qui conduit l’observateur au monstre. Laissant au clair de la présence la chaîne d’a priori de l’évidence.

Pourquoi une chaîne d’a priori ? Car il ne peut s’agir de l’objet en soi (le monstre) qui est retiré et de plus, cette chaîne va de l’observateur vers le monstre, elle dépend donc de caractéristiques de l’observateur.

1.1.1.2.4. Rigueur et algorithme

En tant que mode de la logique, l’algorithmique en hérite des caractéristiques. Par ailleurs, l’algorithmique est « dépendant du temps » ce qui lui ajoute la contrainte supplémentaire de devoir démontrer le rapport du temps avec le Réel « immanence radicale ».

1.1.1.2.5. Rigueur, raison et imaginaire
« Ratio
provient du verbe reor. Reor veut dire : prendre une chose pour telle et telle ; cela veut dire en même temps : exposer quelque chose comme tel et tel. La Ratio devient la Raison. C’est la logique qui en traite. »

[M Heidegger « Qu’appelle-t-on penser ? » PUF 1992]

Si l’on admet la définition de Heidegger, la raison devient, elle aussi, sujette à la caution de la démonstration.

1.1.1.2.6. Rigueur et méthode

cf. Deleuze

« Les idées de l’intelligence ne valent que par leur signification explicite, donc conventionnelle. Il y a peu de thèmes sur lesquels Proust insiste autant que celui-ci : la vérité n’est jamais le produit d’une bonne volonté préalable, mais le résultat d’une violence dans la pensée. […] A l’idée philosophique de «méthode », Proust oppose la double idée de « contrainte » et de « hasard ». La vérité dépend d’une rencontre avec quelque chose qui nous force à penser, et à chercher le vrai. »

[Gilles Deleuze « Proust et le signe » P 25-25]

1.1.1.2.7. Rigueur et intuition

« la faculté avec laquelle on observe la durée »

[Bergson]


Si nous suivons la définition de Bergson de l’intuition, « Ce que nous savons sans savoir comment nous le savons : sans utiliser la raison »

l’intuition voudrait que la rigueur et l’intuition soient des contraires

2.1.1.2.8. Rigueur et dialectique 1.1.1.3. Rigueur et science

S’il faut partir du jeu de langage appelé Réel, aussitôt, la science se met sur les rangs. Selon elle, elle est la mieux placée pour dire le Réel, puisqu’elle en a fait son unique sujet d’étude.

1.1.1.4. Question de rigueur

Mais alors, si la rigueur est « l’application de règles pré-établies » qu’en est-il de l’application d’une règle que l’on ignore (mais respecte sans le savoir) ?

Si ces règles respectent les conditions d’Hilbert (consistance et complétude), alors elles se voient objecter les théorèmes de gödel.

Peut-on alors parler de rigueur ?

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