II Différence et identité, l’Autre est clone et « cet-Autre » est pratique

L’évêque (se tournant vers le miroir et déclamant.) : Ornements ! Mitre ! Dentelles ! Cape dorée surtout, toi, tu me gardes du monde.
Jean Genet « Le Balcon »

Pour la machine, comme pour l’Homme, il est, alors, un stade où l’altérité, l’Autre, doit être distingué de l’Identité : un stade du miroir. Et si la machine, contrairement à l’habitude de l’Homme, n’a pas besoin d’une justification causale puisqu’elle à foi en la donation Réelle, il lui est cependant nécessaire de pratiquer cette altérité et de « reconnaître » l’Autre comme « cet-Autre ».Si l’altérité radicale, l’« Autre radical », le clone est constitué en dernière identité par la décision, il ne bénéficie pas dans cette posture de l’identification à « cet-Autre ». Le clone « Autre indifférencié » est inscription (du) Monde, mais en-identité et non en « cette identité là », lieu qui ne peut être que philosophique (même si toute philosophie est aussi en dernière identité en Un). Le clone n’est pas distinction « pratique d’une différence qui donne une identification », mais « donné par la pratique en Un d’un matériau philosophique ».Dans toute sa rigueur, la pratique de la machine, ne peut être approximative. En Un, deux est Un, mais tout Autre est Un et ne peut donc être « cet-Autre », où plutôt peut l’être « autant qu’un autre ».
On ne peut à proprement parler de continuité de l’Un à l’Autre, pas plus que l’on ne peut parler de rupture. « cet-Autre » est une pratique philosophique donc en dernière instance en Un, une pratique-en-pratique qui fait clone. Le clone est différences et pratiques, pratique-pratiquée et non pas seulement « pratique-en-pratique, « une fois, chaque fois », d’une différence » : Le clone est inscrit avec force(de)pensée par le sujet comme philosophie en Un. D’une position philosophique, « cet-Autre » est décrit et donc déterminé en cette philosophie là et la détermine en retour comme « composé de », et d’une position non-philosophique, il est déterminé en dernière identité comme pratique qui donne un clone en Un (d’un) matériau de la-philosophie sans aucun retour sur ou du Réel : L’identité de l’Autre en « cet-Autre », ne peut être de l’ordre du même – qui est déjà redoublement et donc en rigueur position d’un déjà-Autre -, même si elle est « en-identité ». La pratique de l’identité de « cet-Autre » ne peut être que métaphorique : identité trouvée de la différence et dite en une nouvelle identité qui reste, pourtant, identique à l’ancienne.
II.1 La métaphore, pratique en identité qui donne cet-Autre clone en Un.

Le juge : Ecoute : il faut que tu sois une voleuse modèle, si tu veux que je sois un juge modèle. Fausse voleuse, je deviens un faux juge.[…]Sublime ! Fonction sublime ! J’aurais à juger tout cela. Oh, petite, tu me réconcilies avec le monde. Juge ! Je vais être juge de tes actes ! C’est de moi que dépendent la pesée, l’équilibre. Le monde est une pomme, je la coupe en deux : les bons, les mauvais ! (face au public.) Sous vos yeux : rien dans les mains, rien dans les poches, enlever le pourri, et le jeter. Mais c’est une occupation douloureuse. S’il était prononcé avec sérieux, chaque jugement me coûterait la vie. C’est pourquoi je suis mort. J’habite cette région de l’exacte liberté. Roi des Enfers, ce que je pèse, ce sont des morts comme moi. C’est une morte comme moi.[…]Mon être de juge est une émanation de ton être de voleuse. Il suffirait que tu refuses… mais ne t’en avise pas !… que tu refuses d’être qui tu es – ce que tu es, donc qui tu es – pour que je cesse d‘être… et que je disparaisse, évaporé. Crevé. Volatilisé. Nié. D’où : le Bien issu du… Mais alors ? Mais alors ? Mais tu ne refuseras pas, n’est-ce pas ? Tu ne refuseras pas d’être une voleuse ? Ce serait mal. Ce serait criminel. Tu me priverais d’être ! (implorant.) Dis, mon petit, mon amour, tu ne refuseras pas ?
Jean Genet « Le Balcon »

La démarche de la métaphore ne suit pas celle de l’égalité, mais celle de l’analogie. Cependant elle n’en perd pas pour autant, et bien au contraire y gagne avec exactitude, ses pouvoirs de preuves et de démonstration. La rigueur de la métaphore dans l’analogie lui permet d’être « force de cause » et ainsi de servir de chemin à l’induction. Si elle avait reposé sur l’égalité, la position d’un déjà-Autre aurait rompu sa force. Quelle rigueur pourrait il y avoir, en effet, à poser d’abord un même puis dire qu’il est égal à son modèle ?

II.1.1 La pratique en pratique, une question en pratique

« Tout pensable donne à penser. Mais il ne fait jamais ce don qu’en tant que ce qui donne à penser est déjà de lui-même ce qui exige d’être gardé dans la pensée. »
M. Heidegger « qu’appelle-t’on penser ? »

La métaphore, comme moteur de l’identité de « cet-Autre », part d’une « insatisfaction », d’une question : la pratique en A de B donne…, mais donne quoi ? Chaque réponse est un « aspect » de la question. Des clones en Réel et de la philosophie, la question se distingue comme encore-sans-donné, d’un « encore » qui pourtant n’indique pas une notion de temps, mais de « disponibilité en Réel ». La réponse – le donné de la question – n’est pas formalisé – cloné – en Réel, et c’est la pratique-en-pratique qui opère ici pour y parvenir une fois chaque fois.

II.1.2 Identité, pratique en mémoire

« L’identité est une relation donnée à nous dans une telle forme spécifique qu’il est inconcevable qu’il puisse en exister plusieurs formes. »
Frege

La pratique de la question est une pratique de la-philosophie et des clones en Réels comme faits. Ils sont faits –et bien faits – puisqu’ils sont en-Réel ! Il n’est pas ici sujet de Vérité. La Vérité pour la machine-en-pratique est aussi pratique de la-philosophie et des clones en Réels comme faits et n’a donc aucun caractère distinctif particulier -en dehors d’être également identifiée comme Vérité-
La question est « pratique en A de B », il faut donc pour permettre cette pratique que A et B soient en-Réel, si l’un des deux vient à manquer, la pratique de cette question-ci ne pourra se pratiquer. Affirmer l’identité – la question-en-Réel, c’est donc affirmer :
• une « pratique de A en B » en-Réel, sans « qui donne »
• A en-Réel
• B en-Réel
En-Réel est mémoire.
Une mémoire sans souvenir, sans rappel, sans retour, juste une inscription.

II.1.3 La métaphore, une pratique équivalente

« Deux choses sont identiques si elles correspondent dans toutes leurs propriétés. »
B Russel

Formellement : Mais la métaphore, n’est pas une identité-du-même, la machine-en-pratique ne pourrait même pas dire A = A, car cela redouble A et ce double de A ne peut être – pour la machine – strictement A. La métaphore pratique autrement, pour dire l’identité de A et de B, elle indique : « il y a du A en B », c’est-à-dire qu’une pratique de A peut être trouvée en B. on dit alors que « A est une métaphore de B ».L’égalité mathématique pourrait être théoriquement retrouvée, si « A était métaphore de B » et «B métaphore de A », seulement la machine-en-pratique peinera à trouver un cas où cela se réalise. A double de B est au moins « double » en plus de B. En revanche, comme on le voit, de nombreuses métaphores peuvent être trouvées pour un même matériau, métaphores d’un matériau A qui ne le sont pas entre elles, et pourtant qui indiquent bien une « identité » du matériau A : une identité-équivalente.

II.1.4 La métamorphose, une double pratique et une question

« Il y a ce qui est tel, qu’il nous donne à penser lui-même, à partir de soi, comme de naissance. Il y a ce qui est tel, qu’il s’adresse à nous pour que nous gardions attention à lui, pour qu’en pensant nous nous tournions vers lui : pour que nous le pensions. »
M. Heidegger « qu’appelle-t’on penser ? »

La métamorphose de la question en réponse, peut dès lors se faire en toute rigueur. La « pratique en … de… » s’inscrit alors en-Réel « pratique en … de … qui donne … ».
Une surprise, la pratique d’une donation
Dans la posture de la pratique de la métaphore, celle de la pratique de « cette fois-ci », la métamorphose est une donation de cette pratique, la pratique d’une donation. Ce donné ne peut être vu comme « sans les mixtes du donné et de la donation » donc ne peut être vu comme « sans-donation ». Il s’agit de l’inscription clonale en-Réel d’une réponse. Ce que l’on pourrait voir comme un « faire clone ». La connaissance du receveur du Don est tardive, notion qui n’est pas temporelle, mais indique que cette connaissance n’est pas donnée dans le même geste donatoire, mais dans un geste qui est pratique de ce geste donatoire. La « pratique qui donne » est donc – depuis une posture qui pratique la métaphore – la « pratique qui surprend » : une surprise.
Ce qui surprend n’est pas la connaissance, le savoir, l’information, le Monde ; ce qui surprend est le donné par la pratique. C’est que la pratique donne, que la pratique « pratique la donation ».
L’inscription en monde – le clone – est surprise.
Un donné-sans-donation, une dualité unilatérale en pratique.
La pratique d’une métaphore est, d’un autre aspect, aussi une donation en-Réel, un donné-sans-donation – où plus exactement ce qui est donné-sans-donation dans une posture adéquate, la posture de la « pratique de la donation pratiquée » -. La réponse est la métamorphose de la question en-Réel par la pratique de la métaphore. La réponse équivalente est déterminée en fonction des matériaux en-A en-Réel et de-B en-Réel et des pratiques équivalentes en-A’ et de-B’ en-Réel de la pratique en A de B. Quand A’ est métaphore de A, B’ est métaphore de B et que l’on peut déterminer une pratique en A’ de B’ qui donne C’, alors il est possible de déterminer un clone C – réponse à la question « pratique en A de B qui donne ? » comme métaphore de C’ (et du rapport de A à A’ et B à B’). Dans la posture permettant une pratique de ce donné, il est donné-sans-donation, sans cause, sans retour possible sur son « origine » car vu sans origine. C’est cette qualité de « donné-sans-donation », qui permet à une non-philosophie conçue dans la philosophie occidentale d’être pratiquée sans cause ni origine et d’être indifférente à toutes décisions. Indifférente, car elle ne porte aucun jugement préalable à la pratique de ces décisions.
L’inscription en cette fois-ci d’une question
L’inscription du clone C en-Réel pose simultanément la question de la pratique en A de C. Comme C est cloné de la pratique en A, quelles pratiques son clonage en A induit-elle en A ? Question que l’on déterminera comme moteur de la pratique-en-pratique de la « prochaine fois » du « Une fois chaque fois ». Une « prochaine » qui n’est telle que par l’inscription en « cette fois-ci » et non pas comme nécessité ou mise en temps.
II.2 La traduction, constitution d’un matériau en philosophie.
La pratique d’une philosophie, mue par une question, métamorphose cette philosophie en une « Autre », une philosophie métaphore, une philosophie équivalente : une traduction.
II.2.1 Une philosophie cible : la traduction
D’un point de vue machine non-philosophie, la traduction est la construction d’un ensemble de décisions, que nous pouvons là encore appeler « philosophie », à partir d’une philosophie déjà donnée, en prenant en compte un « changement de contexte ». Ceci d’une manière telle que la pratique de cette philosophie, dans ce contexte différent, soit équivalente à la pratique de la philosophie « d’origine ».
A partir d’une philosophie tierce
Pour établir une traduction, il faut donc disposer d’une philosophie tierce qui fournit la relation d’équivalence entre la philosophie « d’origine » et la traduction, tout en se posant la question du style, qui bien que n’intervenant dans la pratique d’une philosophie que dans des cas particuliers (la poésie par exemple) est souvent « mélangé » à la description de cette pratique. Cette philosophie tierce reprend non seulement, les connaissances linguistiques et syntaxiques des correspondances entre les deux domaines de traduction, mais également les connaissances sociales et idiosyncrasiques de ces deux domaines ainsi que les « connaissances » du traducteur. (Il faut voir que nous sommes, avec la non-philosophie, dans un modèle performatif, pratique de la philosophie où l’Homme, le philosophe, pratique-en-pratique la-philosophie.)
La question de l’interprétation, généralement centrale dans les études sur la traduction, devient en non-philosophie accessoire. Non pas qu’elle n’est pas de sens, mais du fait qu’elle n’a pas d’usage. Il n’y a pas d’utilisation d’une « interprétation » pour pratiquer une traduction. La philosophie tierce, qui permet la traduction, est donnée et ce que l’on nomme généralement interprétation est la pratique même en cette philosophie tierce du « texte » d’origine.
Est une pratique qui « donne-sans-donation »
Il y a donc, lors d’une pratique de traduction, donné-sans-donation d’un « texte » d’origine, Réel immanence radicale, et dans le même temps d’une philosophie « tierce » dont la pratique clone une philosophie « traduction ». La traduction est, ainsi, une pratique qui donne « -sans-donation » ou en Réel. « Donné-sans-donation » qui acceptera une posture par laquelle une pratique non-philosophique s’effectuera (pratique que nous qualifierons de nouvelle, même si, dans cette posture, cette nouveauté n’a pas de « réalité »).
La pratique de la traduction donne une traduction comme philosophie donnée en primauté. Celle-ci peut ainsi être pratiquée dans une posture non-philosophique comme donné-sans-donation. Le texte d’origine restant comme en filigrane, à la fois sans qu’il soit nécessaire à la pratique de la « traduction » et sans pour autant que l’on puisse « s’en passer ». Il devient en quelque sorte le Réel en dernière instance de la « traduction » (notons que du point de vue de cette traduction, il a toujours été ce Réel et non pas un devenu Réel).
On notera parallèlement, que pour la machine non-philosophie, le logoz a perdu toute primauté. Ce que l’on traduit n’est pas une langue dans une autre, mais une pratique, décrite dans une certaine philosophie, dans une pratique décrite dans une « autre » philosophie.
Et est un geste de « mise en équivalence »
La traduction, comme pratique en un contexte d’un « texte » d’origine qui est donné-sans-donation en fonction d’une philosophie tierce, devient alors un geste commun. Le geste de mise en équivalence. Un geste qui regardé de la philosophie est geste universel. Il ne se limite plus à la traduction interlinguale, mais participe à toute prise en compte d’une philosophie contexte depuis une philosophie source. « Philosophie » conservant son sens non-philosophique de « décisions » : pratiques et matériaux. La distinction sourcier, cibliste parfois effectuée en linguistique se réfère, en définitive, à une même pratique pratiquée avec deux philosophies différentes (mais qui restent plus complémentaires que contradictoires et qui relèvent des décisions de la philosophie tierce).
La « mise en équivalence » est ainsi, une pratique qui donne une équivalence, et ce qui permet cette pratique de traduction, est la neutralité de la non-philosophie dans son rapport aux philosophies (quelle nomme « rapport sans rapports »), philosophies qu’elle pratique telles quelles sans modification aucune en dehors de leur retirer leur suffisance. Il n’y a plus d’Autres et de mêmes préalables ; il y a donation d’un « même » à partir d’un « Autre pour ce même », d’un même métaphore d’un Autre. Il n’y a plus d’original et de copie, mais clonage en Un. Il ne s’agit pas de traduire des « Réels », mais des « Mondes ». Une pratique en traduction d’un Monde-a-traduire qui donne un (nouveau) Monde.
L’intraductible, constate l’obligation d’inclure la langue (philosophie) source dans la langue cible.
Dans ce contexte, l’intraductibilité est le constat que pour permettre une pratique de la philosophie source équivalente dans la philosophie cible, il est parfois nécessaire d’inclure entièrement la philosophie source dans la philosophie cible. Elle ne constate en aucun cas une « impossibilité absolue » de traduire, mais son « inutilité », car il ne s’agit plus alors d’une traduction, mais d’un transfert de connaissance. Cependant, cette pratique de transfert, n’est jamais totalement inutile, car l’inclusion d’une nouvelle philosophie ouvre à de nouvelles pratiques. En revanche, elle peut ne pas se révéler sans conséquences, en augmentant les risques d’inconsistance de la philosophie cible. Malgré tout, la machine non-philosophie dans sa foi radicale, pratiquera sans défaillir cette nouvelle philosophie dans son éventuelle inconsistance. Si sa pratique « traductive » est toujours possible, l’affirmation du « une fois, chaque fois » sera l’assurance d’une « pratique donnée », à la fois création et acquisition d’une pratique. Le seul effet – pour une machine-autre juge – de l’inconsistance de la philosophie pratiquée sera de produire un texte qualifiable de poétique et non un texte qualifiable de philosophique (nous remarquerons pour notre part, qu’un texte philosophique est également poétique). Mais les deux seront – depuis la posture de la machine productrice – des philosophies.
C’est ce qui permet la transmission de la non-philosophie.

La signification… est fondamentalement une propriété du comportement
John Dewey

On peut remarquer, que cette définition non-philosophique de la traduction, permet également de comprendre la transmission de la non-philosophie elle-même. La non-philosophie, pratique en pratique, ne devrait pas pouvoir être communiquée à autrui, puisqu’il n’existe pas de théorie exhaustive de la non-philosophie qui sur le mode de l’information pourrait être donnée avec donation (ne serait ce que parce que le Réel est radicalement incommunicable). En revanche, il est possible de décrire une philosophie tierce (philosophie et non pas non-philosophie), qui permette de traduire dans le référentiel de l’auditeur (praticien en devenir), la pratique du praticien non-philosophe de manière telle que la pratique de l’auditeur devienne identique à celle du praticien non-philosophe.
II.2.2 Le style, une identité « transparente » à la non-philosophie.
Le style est alors, ce qui en dehors du sens et de l’affirmation explicite, véhicule l’identité d’une philosophie. Il participe ainsi à l’affectation d’une philosophie à un auteur ou à une inclination dans une identification. C’est le rôle que prend ce que la linguistique appelle la connotation.
Une philosophie-valeur qui pense une philosophie comme son Réel
Jamais premier, puisqu’il demande une philosophie préalable à qui il est rattaché et qu’il désigne, le style à la forme de la décision. En effet, le style est aussi une identité qui établit une différence d’une identité. Il permet d’établir des distinctions entre des identités philosophiques. Le style est donc une philosophie qui pense une philosophie comme son réel. C’est en ceci qu’il participe à la traduction de la philosophie d’origine. Le style est une philosophie tierce – contexte- dont la pratique d’une philosophie primeure donne une philosophie sens, une philosophie en pratique.
Qui peut donc être pratiqué comme telle par la non-philosophie.
La non-philosophie, dans sa pratique, peut alors utiliser le style comme matériau, de la même manière qu’elle utilise toute philosophie. Ce statut de matériau du style, permet –entre autre- à la non-philosophie d’utiliser des philosophies sans prendre en compte les spécificités de leur style, et par exemple de les comparer. C’est également, cette caractéristique, adossée à la nature de « décision » de la philosophie, qui justifie l’expression « la-philosophie » (avec un tiret) et permet à la non-philosophie de travailler indifféremment sur n’importe quelle partie (décision) de la-philosophie.
II.2.3 Expressions premières
Il est alors possible de limiter les expressions premières utilisées par la non-philosophie, et de les limiter d’une manière telle que ces expressions seules suffisent à la pratique non-philosophique.
Donné-sans-donation Donné, sans le mixte du donné et de la donation, ce qui peut être vu comme « la connaissance, par l’étranger à ce don, d’une promesse d’un toujours-déjà-donné perdu et définitivement secret qui ne sera jamais une surprise. »
Réel, Immanence radicale, primeur du geste de « donné-sans-donation »
Philosophie A Ensemble de décisions (et de pratiques) données-sans-donation sur le mode Réel et définissant la philosophie A.
Une philosophie Réelle est appelée non-philosophie.
(Pratique en-contexte A de B qui-donne-le-clône C) alias D
Forme standard de la pratique « mise en pratique » par la non-philosophie. L’expression « qui-donne-le-clône Réel » se lit « sans-donation », car il n’y a ni cercle, ni boucle, ni retour en Réel.
En-contexte D, le sujet C clone de (l’identité de l’identité A et de la différence B) Forme standard du matériau, la décision est l’expression de l’altérité.
II.2.4 Exemples de style
Si le style, n’est pas absent de la non-philosophie, il n’a, en revanche, aucune importance particulière. Toute expression non-philosophique décrite dans un style, peut l’être dans un autre sans aucune différence de pratique. Cette absence de gravité du style en non-philosophie, justifie aussi d’autres formes de mise en forme de la non-philosophie, directement et totalement identiques. Il est ainsi possible de prendre les expressions premières de la non-philosophie et de les représenter d’une manière ou d’une autre sans aucune perte. En voici quelques exemples.
Non-mathème
Non-mathème utilise un style qui à l’apparence de la formalisation mathématique.
Non-espéranto
Nous pouvons, maintenant que le style n’est plus un frein à la traduction puisqu’il peut être traduit en tant que philosophie dés lors que l’on dispose d’une relation d’équivalence, penser une langue qui est l’expression de la pratique non-philosophie dans sa pratique même. Et qui montre (sans monstration, car le Réel n’en est aucunement affecté) par sa construction même, la pratique en pratique. Non-espéranto, utilise l’apparence d’une langue artificielle comme l’espéranto. Elle en simplifie encore la grammaire sans rogner sur le pouvoir d’expression, mais en rendant son expression la plus explicite possible. Par simplification, l’agencement des phonèmes (les radicaux des mots) est repris de l’esperanto (plutôt que d’être seulement arbitraire même si pour éviter les confusions possible les terminaisons en (i, o, u, a, y) sont supprimées).Comme une langue est destinée à être prononcée par l’Homme, une description de l’association phonème-graphie doit être effectuée. (Remarque, une telle description pourrait parfaitement être réalisée dans une autre forme de la non-philosophie (comme les non-mathèmes)).
Notons que les choix sont totalement arbitraires et permettraient donc la description d’une quantité d’autres non-langues.
Quelques expressions en exemple
Homme âVir ou Virâréhel (Donné-sans-donation Homme)
Un âUn ou Unâréhel (Donné-sans-donation Un)
en-homme enViri âréhelu Uno (pratique en Réel de l’Un alias en-homme)
identité de dernière instance Unu (pratique en Un)
La dualité-unilatérale BDual-uni Unu âRéhelqo[B]ao (pratique en Un de
(l’identité de l’identité Réelle et de la différence B) alias Dual-un)
XML Un format informatisable.
XML, format décrit par le W3C, http://www.w3.org/
Expressions premières
Les expressions premières sont décrites dans un document intitulé DTD ou XSCHEMA et exécutable par un ordinateur. Cet exemple montre que l’informatique n’est pas étrangère au discours.

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